Comme chaque année au début du mois de mai, c’est l’effervescence entre Oued Laroui et Oued N’ssa, à quelque 22 km au sud de la ville de Berriane, en direction de Guerrara, sur le CW 33. En effet, des milliers de personnes ont convergé, jeudi dernier, dans de longues processions vers le mausolée du saint patron de la région Sidi Mohamed Sayah.

Des milliers de personnes, entassées sur des bennes de camion, de Pick-up, des voitures et même des motos, empruntent une piste très cahoteuse et pratiquement impraticable sur plusieurs tronçons des 18 km qui la compose. Ils convergent dans de longues processions, enveloppés dans un immense nuage de sable soulevé par les roues des moyens de locomotion, vers le mausolée du saint patron de la région Sidi Mohamed Sayah. Il faut donc reconnaître et admettre, qu’apparemment, rien ne peut empêcher ces milliers de personnes de venir, jeudi, de toutes parts vers la « khaloua », lieu de méditation du saint homme, par tous les temps et par tous moyens de locomotion possible. Ni la chaleur qui commence à faire son effet, ni l’harassante, et ô combien destructrice de matériel, piste longue de 18 kilomètres, constituée de toutes sortes d’obstacles, de gué et de pierres, que même les 4X 4 ont du mal à emprunter, ne les décourage. A bord d’un 4X4 neuf, il nous a fallu exactement 55 minutes pour en venir à bout.
Des centaines de personnes sont parvenues jusqu’au mausolée du saint patron de la région, Sidi Mohamed Sayah même à dos de dromadaire et de cheval. C’est dire toute la ferveur qu’inspire ce saint homme dans toute la région et même au-delà et toute cette spirituelle effervescence qu’il dégage dans ce large périmètre situé entre Oued Laroui et Oued N’ssa. C’est, en effet, pour assister aux célébrations et festivités, organisées immuablement chaque année à la même période à la mémoire de cet homme pieux qui a entièrement consacré sa vie à la foi et la transmission du savoir, que certaines personnes traversent le pays de part en part pour venir assister à cette grande et paisible manifestation publique qui se déroule dans le plus grand respect des mœurs et traditions. Pour assurer une réussite totale à cette grande réjouissance collective, les organisateurs ont déployé les grands moyens en installant des tentes, des chapiteaux et des centaines de tapis pour accueillir leurs centaines de convives en leur assurant le gite et le couvert. La célébration de cette année a été rehaussée par la présence d’Azzedine Mechri, le wali de Ghardaïa, entouré de son secrétaire général, Boualem Amrani, de son chef cabinet, Foudil Laïdani, et des responsables des services sécuritaires de la wilaya de Ghardaïa qui ont assisté à l’ouverture des festivités. Pendant ce temps, à l’écart, dans le lit de l’oued se déroulait une superbe fantasia, démonstration des cavaliers, notamment ceux venus de la wilaya de Djelfa et de Bou Sâada, qui ont démontré l’art et la maîtrise de l’équitation des cavaliers enfourchant des chevaux pur-sang arabes. Pour l’assistance, ce divertissement équestre, ponctué de salves de baroud tirées à partir de karabilas du terroir, est un véritable plaisir pour les yeux. Il faut aussi souligner la parfaite organisation, en off, des éléments de la Gendarmerie nationale, déployés par centaines, tout au long de la route menant vers le mausolée, assurant la fluidité de la circulation mais aussi et surtout la sécurité des lieux et des festivités. Ce qui a certainement participé à la réussite totale de cette célébration spirituelle. A la tombée de la nuit, après un copieux repas, constitué de viande et de couscous à satiété, c’est l’heure des Madihs religieux interprétés par des troupes locales et des régions alentours, telles Laghouat et Djelfa, et une suite de halaquates de récitations du Saint Coran et de Hadith du Prophète (QLSSSL). Cette fête qui a drainée de grandes foules, venues de plusieurs régions, et qui s’est déroulée dans la joie et la convivialité, a été, pour beaucoup, un moment de retrouvailles, ne se rencontrant, chaque année, que lors de cette célébration.