La non programmation du traitement du dossier des détenus de Ghardaïa par la chambre d’accusation de la même ville, dix-neuf mois après l’arrestation d’une centaine de personnes, n’est pas faite pour soulager la défense des détenus. Maîtres Dabouz et Ahmine ont estimé, hier, lors d’un point de presse tenu à Alger, que cette manière de faire « est une fuite en avant ». Soulignant que les autorités ont encore du temps et un champ de manœuvre pour « rectifier le tir et corriger les erreurs », les deux avocats de Kameleddine Fekhar et des autres détenus ont appelé « au règlement rapide de la situation ». Ils considèrent que le dossier des détenus de Ghardaïa « est vide » et que les arrestations « ont obéi à une volonté politique », d’où leur plaidoyer « pour une solution prompte ». « Il faut agir vite sinon, on n’aura pas seulement une catastrophe, mais plusieurs », avertissent les avocats qui ont dénoncé « le traitement réservé aux détenus d’opinion ». Les révélations faites par la défense sur la procédure d’arrestation de citoyens après les événements de Ghardaïa sont « graves ». Ils ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié  d’« instrumentalisation de la justice et des services de sécurité », par les autorités politiques, « le déni de droit à des citoyens » et « les conditions difficiles dans lesquelles se trouvent les détenus ». « Fekhar et plusieurs dizaines de détenus sont en grève de la faim depuis plusieurs semaines », ont-ils rappelé, disant que la situation urge et que le traitement de ces cas doit intervenir rapidement. 

Me Salah Dabouz a rappelé que Fekhar et les 22 autres détenus font face « à 18 accusations ». « Ils ont été arrêtés et emprisonnés sur la base de déclarations et non sur des faits avérés », a-t-il dit. Ajoutant que Fekhar « est décidé à poursuivre sa grève de la faim jusqu’au bout », a dit l’avocat, informant qu’«une soixantaine de femmes proches des détenus sont sur le point de lancer une grève de la faim en solidarité avec les prisonniers ». Rappelant les revendications de Kameleddine Fekhar, Me Dabouz a souligné que son mandant exige toujours sa libération ainsi que celle des autres détenus. Par ailleurs, les deux avocats ont fait part « des souffrances » des détenus. « Ils sont dans un état de santé très affaibli », avertissent-ils, avant d’accuser les responsables des prisons « d’avoir exercé des pressions sur les détenus». Les avocats ont informé que le traitement par la chambre d’accusations du dossier a été reporté sur demande de la défense au  14 février courant.