Sur 4 600 postes pédagogiques proposés, seuls 2 867 inscrits pour la session de février 2020 !

de Ghardaïa, O. Yazid
Plusieurs facteurs participent à cette réticence profonde des jeunes, éjectés du système scolaire, à acquérir un métier par le biais d’une formation auprès des centres de formation professionnelle qu’elle soit qualifiante ou diplômante. Elle est surtout suscitée par le spectre du chômage à la fin de la période de formation, avec la désagréable conclusion d’avoir perdu son temps et son énergie pour revenir à la case départ. « Beaucoup de mes amis et de mes anciens camarades de lycée qui ont suivi des formations professionnelles sont revenus s’adosser aux murs de leur quartier, faute de débouchés conformes à leur type de formation » affirme un jeune du quartier de Sidi Abbaz. Qui ajoute : «Je préfère, en attendant de trouver mieux, de faire des petits boulots à gauche et à droite que d’aller suivre une formation sans aucune assurance de trouver un emploi dans le domaine dans lequel j’aurai été formé.»
C’est à partir de l’Institut national spécialisé de formation professionnelle (INSFP) Mohamed-Chérif-Messaâdia, à Noumérat, à proximité de l’aéroport Moufdi-Zakaria de Ghardaïa, que le coup d’envoi de la première rentrée de la formation professionnelle pour l’exercice 2020, session de février, a été donné dimanche en présence de Boualem Amrani le wali de la wilaya de Ghardaïa, du P/APW, Omar Daddi Addoune, des autorités civiles, sécuritaires et militaires de la région et des familles des apprenants. Dans une allocution liminaire, Abderrahmane Djaâfri, le directeur de la formation et de l’enseignement professionnels (DFEP) de la wilaya, a rappelé que son secteur « est l’anti chambre de secteur de l’éducation au sens où, se plaçant en alternative à la déperdition scolaire, il absorbe la masse des exclus du système éducatif, en les prenant en charge pour en faire des ouvriers qualifiés et des techniciens dans divers domaines ». Seulement, ajoute-t-il, « et afin de réunir toutes les conditions à même de permettre aux entreprises économiques de dégager des postes à ces nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi, il y a nécessité d’adapter nos offres à la demande en mettant en place une stratégie, basée sur la rationalité, et surtout une vision claire consistant à lancer des spécialités en fonction du contexte géographique et économique de la région. Nos offres partent d’une étude réaliste basée sur les intérêts des apprenants et des besoins du marché local. Elles s’intègrent dans les propositions contenues dans la carte pédagogique de la région, tracée pour le moyen et le long terme, prenant en compte, en priorité, les besoins du marché local de l’emploi ». En effet, et pour être en adéquation avec les orientations du gouvernement en matière de diversification de l’économie nationale, en donnant la priorité notamment au triptyque des filières de l’agriculture, du tourisme et de l’industrie, il serait beaucoup plus indiqué de réfléchir à privilégier la formation dans des spécialités et domaines spécifiques à la wilaya de Ghardaïa. Ainsi, et pour prendre en charge la demande sociale, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels a mobilisé tous les moyens nécessaires en infrastructures, équipements techniques et scientifiques et l’encadrement adéquat. Partant du constat que la formation professionnelle évolue avec les techniques et les métiers, notamment du fait de la révolution technologique et numérique, il a été donné importance à la diversification des offres de formation et ce, justement, pour répondre efficacement aux besoins du développement économique et, en priorité, aux besoins de la conjoncture économique actuelle. Mais, partant du postulat qu’il est dorénavant plus que nécessaire d’appréhender la question de l’orientation post-système obligatoire, largement responsable des déperditions scolaires au secondaire, il n’est plus question de former pour former.
Six nouvelles spécialités ouvertes
A titre de rappel, pour cette session de février 2020, la direction de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya de Ghardaïa a émis une offre de pas moins de 4 600 postes pédagogiques répartis en 3 214 postes pour les formations diplômantes soit 960 postes dans la formation résidentielle, 1 246 au titre de la formation par apprentissage, 780 en formation passerelle, 150 en cours du soir et 78 en formation diplômantes auprès d’établissements privés agréés. 1 386 autres postes sont réservés aux formations qualifiantes destinées aux personnes du milieu carcéral pour 500 postes, aux femmes au foyer lesquelles se voient attribuer un quota appréciable de 540 postes pédagogiques, 300 postes en cours du soir et 46 postes pour une formation qualifiante auprès d’établissements privés agréés. D’autre part,
7 nouvelles spécialités ont été ouvertes pour cette session, dont 3 sont enseignées dans les
3 établissements de la formation professionnelle de la nouvelle circonscription administrative d’El Menéa. Il s’agit d’une formation en culture de palmier-dattier au CFPA de Hassi Lefhel, sanctionnée par un certificat de maîtrise professionnelle (CMP), d’une formation en assainissement et collecte des déchets liquides spéciaux enseignée au même CFPA de Hassi Lefhel, sanctionnée par un CAP, et arboriculture fruitière /option phoeniculture (palmier-dattier) au CFPA d’El Menéa , formation sanctionnée par un brevet de technicien (BT). Les quatre autres filières ouvertes pour cette session sont la culture sous serre au CFPA Mansourah et Berriane, sanctionnée par un CAP, gestion et tri des déchets au CFPA de Souareg (Metlili) sanctionné par un certificat de formation professionnelle spécialisée (CFPS), technicien en hôtellerie – restauration / Option : production culinaire au CFPA mixte de Ghardaïa et enfin formation en hygiène, sécurité et environnement enseignée à l’INSFP de Noumérate à Ghardaïa, et sanctionné par un brevet de technicien supérieur (BTS). n