Réel risque de scission dans les rangs du parti d’Ahmed Ouyahia dans la wilaya de Ghardaïa. La cause ? La liste des candidats à la députation.

En effet, celle-ci pose problème tant les positions de huit des neuf membres du bureau de wilaya, adossées à celles des puissants et respectés aâyanes (notables) de la communauté mozabite du Ksar de Ghardaïa au poids électoral incommensurable, d’un côté, et celles d’un seul membre, et néanmoins chef du bureau de wilaya du RND en appui du seul député RND de la wilaya de Ghardaïa, en l’occurrence Kara Omar Bakir, d’un autre, semblent inconciliables. Ce dernier, et malgré toutes les tentatives pour lui faire admettre l’idée du principe de l’alternance, refuse mordicus de céder la place à autrui, campant sur sa position d’être placé en tête de liste. Et en cela, il est soutenu par le chef de bureau de wilaya, Aïssa Bazzine, ex-colonel de gendarmerie à la retraite. Les tractations continuent, nous dit-on, pour faire respecter les décisions de la majorité qui a confectionné une liste sur laquelle l’actuel P/APC de Ghardaïa et ingénieur de formation, Yahia Abbaza, est placé comme tête de liste, Kara Omar Bakir étant en cinquième position, classement qu’il n’admet pas. Selon des responsables du bureau de wilaya, la liste en question a pris aussi en considération la cartographie démographique et sociologique de la région en plaçant en deuxième position un militant d’El Ménéa, importante région qui vient d’être élevée au rang de wilaya déléguée. « Dans le règlement intérieur des Aâyanes de la communauté du Ksar de Ghardaïa, un article précise explicitement que chaque élu ne peut se présenter qu’une fois et donc n’assumer qu’un seul mandat », révèle notre interlocuteur. Il ajoute : « En tant que membres du bureau de wilaya, nous sommes respectueux de toutes les décisions prises par les Aâyanes du Ksar de Ghardaïa. Pour nous, leurs décisions ne prêtent à aucune discussion et encore moins à contestation. Tout un chacun, et quel qu’il soit et quel que soit son rang, doit s’y conformer. C’est la règle ». Dénonçant ce blocage, l’un des membres du bureau de wilaya, responsable de l’organisation, en « appelle à l’intervention du secrétaire général afin de faire respecter le règlement et les décisions de la base afin de sauvegarder l’unité des rangs ». Ajoutant que « le bureau de wilaya s’était engagé par un accord de principe avec les Aâyanes de façon à ce que le candidat qu’ils auraient choisi comme tête de liste au niveau de la commune de Ghardaïa serait celui qui sera désigné comme tête de liste au niveau wilaya. Et comme ils ont choisi Yahia Abbaza, l’actuel P/APC de Ghardaïa, notre parole doit être tenue quoi qu’il en coûte ». L’intransigeance du député Kara Omar Bakir, si elle n’est pas assouplie, risque, selon nos interlocuteurs, de créer une saignée dans les rangs du parti à Ghardaïa. « Il y a une véritable menace de beaucoup de militants de quitter le parti pour grossir les rangs des indépendants, si la discipline et le respect des décisions ne sont pas appliquées », alerte l’un des membres du bureau de wilaya, qui poursuit : « Encore plus grave, les militants de toute une région, à savoir celle très importante d’El Ménéa, nouvelle wilaya déléguée, menacent de passer dans d’autres camps si Omar Kara Bakir est maintenu comme tête de liste. Ils exigent que tel que le demande la majorité, Yahia Abbaza soit inscrit en tête de liste. » Pour un militant de base, « après 20 ans de militantisme et de sacrifices pour faire de notre parti ce qu’il est aujourd’hui, la discipline et le respect des décisions de la majorité ne doivent souffrir aucune contrainte. »

20 partis politiques et 19 indépendants ont retiré leurs dossiers
Par ailleurs, selon le responsable de la cellule de communication de la wilaya de Ghardaïa, 20 partis politiques et 19 indépendants ont retiré, jusqu’à mardi, leurs dossiers de candidature pour participer aux prochaines élections législatives du 4 mai prochain à Ghardaïa. Au 31 décembre 2016, le corps électoral au niveau de la wilaya de Ghardaïa s’élevait à 209 240 électeurs inscrits sur les listes électorales du scrutin des législatives du 4 mai 2017 qui auront à mettre leurs bulletins dans les urnes de l’un des 677 bureaux de votes ou des 137 centres de votes répartis sur les 13 communes de la wilaya. Pour les meetings lors de la campagne des candidats, 33 salles (entre cinéma, salles omnisports et autres) et 5 stades sont désignés pour la circonstance. Alors que la commission de wilaya de préparation des élections de renouvellement de la chambre basse du Parlement a été installée le 8 février passé avec pour mission de « veiller à la préparation logistique et administrative, en prévision des prochaines élections législatives, notamment en matière de transport, de liaisons téléphoniques et de restauration », celle concernant la commission locale de surveillance des prochaines élections législatives a été installée le 12 février passé. Huit membres ont été élus à cette instance, dont la moitié est constituée de magistrats et le reste de membres de la société civile et de personnalités indépendantes. Présidée par l’enseignant universitaire, le Dr Azzaoui Amar, la commission est composée, côté société civile, en sus de son président, du Dr Daoud Bourguiba, enseignant universitaire, Belgacem Ghriga, membre des Aâyanes (notables) de la tribu des M’dabihs de Dhaïa Ben Dahoua et retraité de la Sonelgaz, et Ahmed Delma, d’El Menéa, retraité de l’enseignement. L’équipe des magistrats se compose de Hamid Yahiaoui, de la Cour de Blida, Abdelkader Sayah, Aboubakr Essedik Ouahchi et Mme Tadrenet Nardjess, tous trois de la cour de Ghardaïa. Pour rappel, selon l’ordonnance n° 12-01 du 13 février 2012 déterminant les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir pour l’élection du Parlement, la wilaya de Ghardaïa dispose de cinq sièges dans l’hémicycle de l’Assemblée populaire nationale.