Arrêté au cours des événements sanglants qui ont secoué la vallée du M’zab, et détenu depuis à la prison de Ménéa, Kamel Eddine Fekhar a entamé depuis une semaine une autre grève de la faim.

Selon son avocat, Me Salah Dabouz, l’état de santé du Dr Fekhar « est inquiétant », car « il ne cesse de se détériorer ». Kamel Eddine Fekhar est à sa cinquième grève de la faim depuis son incarcération, il y a 18 mois. Par cette action, souligne, Me Dabouz, « Dr Fekhar veut dénoncer son incarcération et exiger sa libération ainsi que celle de tous les détenus comme lui ». « Il est révolté contre le comportement de la justice avec lui et le groupe de détenus comme lui », a ajouté l’avocat et président de la LADDH, précisant que Fekhar et ses codétenus sont emprisonnés « à travers des mesures exceptionnelles », sans qu’ils soient « informés d’une quelconque décision prise par les autorités du pays ». Me Dabouz a dénoncé encore une fois « la gestion des événements de Ghardaïa » par les autorités du pays. Il regrette que « les plaintes que le Dr Fekhar a déposées contre des responsables au sein des institutions ne soient pas traitées ». Il a cité, à titre d’exemple, la plainte contre « le procureur général pour émission de note d’arrestation illégale ». L’avocat a précisé que plusieurs autres plaintes ont été déposées, mais sont « restées sans suite », indiquant que le Dr Fekhar conteste, également, « le fait qu’il soit condamné sur ses déclarations en tant que militant des droits humains et journaliste libre et indépendant » qui « a dénoncé des crimes à partir de Ghardaïa », et que « ces déclarations n’ont absolument aucun lien avec les charges retenues contre lui » et « le refus de convoquer des responsables qui détiennent des informations concrètes sur la tragédie qu’a connue le M’zab ». Maître Dabouz considère que ce que dénonçait Dr Fekhar « concorde exactement » avec « les déclarations d’Ouyahia » qui avait déclaré qu’« il sait que des personnes ont perçu 50 000 DA par jour pour alimenter les violences à Ghardaïa ». Il a ajouté que ces mêmes déclarations ont été faites par Amar Saâdani, ex-secrétaire général du FLN. « Tout cela, estime l’avocat, a été dénoncé par plusieurs personnes à Ghardaïa dont le détenu Fekhar ». Ajoutant que « les évènements sanglants ont plusieurs facettes », car « ils sont le fruit d’une manipulation de toute une population pour des raisons qui restent mystérieuses », mais « qui seront connues dans un avenir très proche ».