Pour la session de septembre de l’année en cours, la direction de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya de Ghardaïa offre pas moins de 5 731 postes pédagogiques répartis en 3 681 postes pour les formations diplômantes : 1 410 dans la formation résidentielle, 1 360 au titre de la formation par apprentissage, 480 en formation passerelle, 330 en cours du soir et 101 en formation diplômante auprès d’établissements privés agréés et 2 050 postes dans les formations qualifiantes destinées aux personnes du milieu carcéral et femmes au foyer, entre autres.

Des formations diplômantes et qualifiantes pour toute personne qui veut acquérir des compétences lui permettant de s’intégrer dans la vie professionnelle ou d’améliorer ses connaissances professionnelles sont offertes par le secteur en proposant des modes de formation résidentiel, apprentissage, cours du soir, formation continue et celle dite femme au foyer, avec un encadrement technique et pédagogique qualifié, dans les différentes spécialités. Les inscriptions en prévision de la session de septembre ont été lancées depuis le 15 juillet en cours. Les journées de sélection et d’orientation sont prévues pour les 16, 17 et 18 septembre et la proclamation des résultats le 20 septembre, alors que la rentrée est prévue le 23 du même mois. D’autre part, 4 nouvelles spécialités ont été ouvertes pour cette session. Il s’agit de technicien en achat et approvisionnement au CFPA de Guemgouma à Metlili, technicien en maintenance des véhicules légers au CFPA de Zelfana, technicien supérieur en mécatronique automobile au CFPA Berriane 3 et technicien supérieur en hôtellerie, option gestion et administration hôtelière au CFPA d’El Menéa. Le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels dans la wilaya de Ghardaïa dispose de 27 établissements, 20 CFPA, 1 INSFP à Noumérate (Cne de Bounoura), 1 annexe de CFPA à El Atteuf et 5 écoles privées agréées par le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels pour une capacité pédagogique de 4 850 postes. 11 internats de 1 180 lits et 11 restaurants servant 1 300 repas/jour sont aussi opérationnels. Les apprenants disposent, par ailleurs, de 20 bibliothèques, 13 foyers culturels et 19 terrains Matéco pour la pratique sportive. Le secteur s’est également renforcé, cette année, par l’apport de 2 internats. Le premier de 120 lits au CFPA de Guerrara , qui en est à 90% de taux de réalisation, le second de 60 lits, au CFPA de Hassi Lefhel, alors qu’à court terme, soit pour la prochaine session de février 2019, le secteur s’apprête à réceptionner un Institut d’enseignement professionnel (IEP) à Oued Nechou de 1 000 places pédagogiques avec un internat de 300 lits destiné à l’émergence d’un centre d’excellence dans les métiers des énergies renouvelables. Il en serait, selon les chiffres qui nous ont été communiqués, à 75% de taux de réalisation. Toujours en cours de réalisation, un INSFP à El Menéa, de 300 postes pédagogiques avec un internat de 120 lits ainsi que deux CFPA, l’un à Metlili El Djadida et l’autre à Oued Nechou, d’une capacité de 300 places chacun, qui en sont tous deux à 95 % de taux de réalisation. Malgré tous les efforts consentis par l’Etat pour inciter les jeunes, notamment ceux exclus du système scolaire, d’embrasser un métier qui les mettrait à l’abri du besoin pour l’avenir, il reste à déplorer le manque d’attrait de la jeunesse pour la formation professionnelle. Même en l’absence de statistiques fiables, le croisement des chiffres des années précédentes, notamment les deux dernières sessions, du moins en ce qui concerne la wilaya de Ghardaïa, démontre le très peu d’engouement pour la formation professionnelle de notre jeunesse.

Peu d’engouement des jeunes
Ce qui est très loin par rapport aux moyens matériels, infrastructurels et humains déployés par les pouvoirs publics. Une étude pointue et exhaustive se doit d’être engagée pour mettre le doigt sur ce qui achoppe en matière d’intéressement de la jeunesse pour ce créneau formateur. Cela dit, il ne sert à rien de construire des structures qui resteront orphelines d’apprenants. Le cas du centre de formation de Hassi Lefhel est édifiant à ce sujet. D’une saine projection de formation de la jeunesse, il en est advenu un centre de transit pour migrants subsahariens lors de leur rapatriement vers leurs pays, notamment et spécialement les Nigériens. Avec la cohorte de jeunes qui quittent chaque année le système de l’éducation nationale, 500 000, selon les dernières statistiques, et dont la quasi-majorité aspire à une formation professionnelle pour s’insérer au plus vite dans le marché du travail, il y a lieu de se demander si l’offre de formation est en étroite corrélation avec les besoins réels des différentes branches de l’économie nationale. Les jeunes en quête d’une formation se posent souvent cette question : à quoi sert de se former si les opportunités d’emploi correspondant à leur qualification sont plutôt minimes et en plus mal rémunérées ? Une appréhension tout à fait légitime et sur laquelle les pouvoirs publics doivent se pencher sérieusement pour veiller à ce que les jeunes qualifiés trouvent sans trop de difficultés un emploi. Il y a lieu de revoir la stratégie adoptée jusqu’ici, et qui, le moins que l’on puisse en déduire, n’a pas été à la hauteur des attentes. En effet et quand bien même les résultats sont probants, il est impératif et plus urgent que jamais d’adapter l’enseignement et la formation professionnels aux nouvelles exigences économiques du pays, en particulier orienter les cursus en fonction de la demande du marché local. Dans cette conjoncture économique, les métiers inhérents à l’agriculture doivent être priorisés, compte tenu que le travail de la terre constitue une alternative pérenne pour l’avenir du pays. En tout état de cause, le rôle du secteur de la formation ne doit plus être limité ni cantonné à la formation et l’octroi de diplômes, mais d’englober également le perfectionnement de l’encadrement des entreprises économiques et la diversification des offres de formation, de manière à accompagner la dynamique économique actuelle et à répondre, en temps réel, aux attentes des opérateurs. En somme, en un mot comme en cent, développer une stratégie de réponse aux questions de l’heure en termes de formation et d’adaptation aux attentes du marché de l’emploi.