«Les conditions climatiques et hydrologiques étant favorables, tous les moyens seront mobilisés pour insuffler une nouvelle dynamique à la production intensive de l’orange et de la rose d’El Menéa.»

 

C’est en ces termes que le wali de Ghardaïa, Azzedine Mechri, accompagné du directeur central au ministère de l’Agriculture, chargé des zones arides et semi-arides, Mohamed Ksira, du président de la Chambre nationale de l’agriculture, Doubbi Bounoua Ladjel, et du Directeur général des forêts, Ali Mahmoudi, a ouvert officiellement les travaux du séminaire national sur l’Oranger et la Rose, organisé mercredi à El Menéa, à 270 km au sud de Ghardaïa. Placés sous le slogan «El Goléa, citadelle des roses au cœur du Sahara : un enjeu historique entre nos mains», les travaux de cette journée ont été suivis par les responsables des Chambres de l’agriculture de 30 wilayas dont 10 du sud du pays. C’est au centre de formation professionnelle des frères Boucherit-Bouhafs-et-Yahia que la journée a été entamée par la visite d’une exposition, par les agriculteurs et fellahs de la région, dans des stands bien achalandés de toute la palette de la production locale, allant de l’horticulture à l’arboriculture en passant, inévitablement par la phoeniciculture. «Tous nos produits sont bio à 100%. Nous n’utilisons aucun pesticide. Nos cultures sont le fruit de la nature généreuse qui nous fournit une terre fertile, une eau limpide et à profusion et le soleil qui se charge de tout mettre à maturité», déclare, avec un large sourire empreint de satisfaction, un agriculteur debout devant son stand exposant des oranges, des mandarines, des dattes et des plantes aromatiques. Dans une salle comble, n’arrivant pas à contenir toute l’affluence intéressée par ces travaux, et surtout les très intéressantes et instructives communications sur le sujet du jour, assurés par d’éminents experts en la matière, Azzedine Mechri, le wali de Ghardaïa, a affirmé : «Compte tenu des conditions climatiques et hydrologiques favorables, tous les moyens seront mobilisés pour insuffler une nouvelle dynamique à la production intensive de l’orange et de la rose d’El Menéa.» Avant de céder la parole aux experts communicants, il ajoute : «Nous allons par ailleurs donner une autre dimension à ce séminaire, lequel dorénavant sera élevé en séminaire international. Au départ, nous allons commencer par inviter nos voisins du Maghreb et peut-être aussi des pays qui ont de l’expérience dans ce domaine, comme la Turquie et la Bosnie. Ensuite, d’année en année, nous allons lui assurer une large dimension internationale.» Sous la conduite d’un comité scientifique présidé par le Dr Fouzi Benbrahim, responsable du département d’agronomie de l’université de Ghardaïa, et du président de session et des plénières, Ouled Haddar Rabah, ingénieur agronome, expert en agriculture saharienne et président de la Chambre de l’agriculture de la wilaya de Ghardaïa, trois communications ont été assurées sur le sujet du jour par, respectivement, Nacim Djabou, spécialiste en bio-écologie à l’université de Tlemcen qui a développé son argumentaire sur «la culture des plantes aromatiques et médicinales (PAM) en milieu saharien, suivi de Mohamed Allalou, expert au sein du consortium des PAM, qui a décortiqué le circuit de la «transformation et la commercialisation des produits et sous-produits des PAM».
De vastes étendues de terres qui ne demandent qu’à être exploitées
Clôturant la série d’interventions, l’ingénieur expert en agrumes à l’ACI Chéraga (Alger), Mohamed Mayouf, s’est longuement penché sur «la conduite raisonnée d’un verger d’agrumes en milieu saharien». C’est sur le site de la très grande et très vaste ferme expérimentale de la Forem, à Hassi El Gara, dans la wilaya déléguée d’El Menéa, que s’est tenue la clôture de cette journée-séminaire par des enrichissantes recommandations émises par les experts des ateliers constitués à cet effet pour une relance dans les meilleures conditions de ce segment de l’agriculture saharienne, que sont la rose, l’orange et les plantes aromatiques et médicinales. Dans la déclaration de clôture du séminaire, Azzedine Mechri a insisté sur la nécessité de se conformer aux recommandations des experts et de les concrétiser sur le terrain. Assurant «que tous les moyens seront mis à la disposition de tous les agriculteurs et que tous les investisseurs dans le domaine sont les bienvenus et seront aidés et assistés pour lancer leurs projets dans ces vastes étendues de terres généreuses qui ne demandent qu’à être exploitées pour assurer une production et une productivité de bonne qualité». Puis sur un ton un peu plus grave, il ajoute, sous une salve d’applaudissements, «dorénavant, plus jamais personne ne pourra bénéficier d’une parcelle de terre s’il ne la travaille pas. Et d’ailleurs, je vous informe que dans le cadre de l’assainissement du foncier agricole de notre wilaya, nous avons déjà récupéré pas moins de 62 000 hectares. Des terres qui ont été attribuées à des gens qui n’ont jamais rien fait pour l’agriculture. Alors nous avons pris la décision de les leur enlever pour les redistribuer à des gens qui veulent vraiment travailler la terre.
Je reprends le slogan cher à la Révolution agraire : La terre à celui qui la travaille». Voilà donc pour les «beznassia» de la terre, circulez, il n’y a plus rien pour vous dans nos contrées. En se levant, le wali reprend à haute voix une des fables de Jean de La Fontaine : «Un riche laboureur sentant sa mort prochaine fit venir ses enfants et leur parla sans témoins. Travaillez, prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins… un trésor est caché».