ùù Des cadres de la direction régionale d’Air Algérie, le directeur du transport, le directeur du tourisme et les corps de sécurité, y compris les Douanes et la Protection civile, ont tenu dernièrement une séance de travail au siège de la wilaya, en présence du wali Azzedine Mechri, pour débattre et discuter des possibilités d’ouvrir de nouvelles dessertes à partir de l’aéroport de Ghardaïa.

« C’est vraiment trop beau si cela venait à être concrétisé. Comme ça, d’un coup, trois destinations vers l’international, et de plus des destinations très prisées par la population locale et ce pour des raisons diverses. Tunis, pour le tourisme, mais aussi et surtout, pour ceux qui partent pour des soins, notamment ophtalmologiques. Marseille, parce que tout simplement, comme tout le monde le sait, une grande partie des émigrés de la région réside à Marseille et ses alentours. Istanbul, pour le business, la découverte et l’évasion», avance un voyagiste bien connu de la région. Il ajoute : «Il ne resterait alors qu’à faire un effort pour augmenter le nombre de rotations pour la omra et remettre, comme avant, les vols pour le hadj, à partir de l’aéroport Moufdi-Zakaria, de Ghardaïa-Noumérat, qui répond à toutes les normes internationales. » Pour un autre voyagiste, « Je n’arrive pas à comprendre qu’il n’y a pas tellement longtemps, c’est-à-dire durant les années 1980, et alors que l’aéroport était plus petit, avant qu’il ne soit réaménagé et bénéficie d’une autre aérogare plus moderne et dotée de toutes les commodités et des technologies les plus avancées, des vols directs étaient assurés deux fois par semaine en aller/retour, sans escale, de Ghardaïa vers Paris/Orly Sud, ainsi que des vols directs vers les lieux Saints lors de la période du hadj. Aujourd’hui, avec tous ces aménagements et cette technologie de pointe, on se retrouve avec un aéroport qui ne dessert qu’Alger et quelques villes de l’intérieur du pays avec de petits avions, type ATR 60 et ATR 72. C’est incompréhensible. Ce n’est pas ainsi qu’on rentabilise un si lourd investissement. Il faut absolument que les responsables se bougent pour le faire exploiter de façon optimale et ce pour le bien de la collectivité et des citoyens. Il peut aussi jouer un grand rôle dans le transport des touristes à partir de plusieurs plateformes aéroportuaires européennes et autres. D’ailleurs, il y avait un projet de faire atterrir, à Ghardaïa, Timimoune et Tamanrasset, plusieurs avions de touristes par semaine par le voyagiste français Point Afrique. C’est dire que la région garde son attrait touristique et reste ainsi une des destinations préférées des touristes européens, pour peu que certaines conditions soient remplies, telles, d’abord l’allègement des procédures d’attribution de visas, la disponibilité de structures hôtelières et surtout la sécurité. » C’est en fait une esquisse de « souhaits » qui a été présentée par des cadres de la direction régionale d’Air Algérie d’Ouargla, représentée par Mohamed Amine Osmane, le directeur commercial, accompagné de Haroun Ahmed, directeur régional intérimaire, et du chef d’escale d’Air Algérie à Ghardaïa, Lahcène Bouhada, lors d’une séance de travail au siège de la wilaya, au premier responsable de la wilaya, Azzedine Mechri. Une séance qui a réuni les responsables concernés par ce projet, tels le directeur du transport, le directeur du tourisme et les corps de sécurité, y compris les Douanes et la Protection civile. La discussion s’est ensuite élargie pour faire participer tous les acteurs du voyages de la région, notamment les importantes agences de voyages et l’Onat. Même si beaucoup d’entre eux ont été séduits, et même alléchés par les destinations proposées à l’ouverture commerciale, il n’en demeure pas moins que certains restent sceptiques sur l’engouement des voyageurs, si les prix affichés ne sont pas revus à la baisse. « Ils ne sont pas attractifs du tout. Les gens qui vont se soigner à Tunis, préfèrent prendre un taxi pour une famille en aller retour pour le prix d’un seul billet d’Air Algérie. Alors, voyez-vous, il y a risque patent de désaffection des voyageurs si les prix ne sont pas revus. Ensuite, il y a le problème si récurent chez nous d’annulation de vols sans informer le client. Cela peut coûter cher à ceux qui ratent leurs rendez-vous médicaux, si le vol est annulé », fait remarquer à juste titre un responsable d’une agence de voyage de Ghardaïa, qui ajoute : « Pour cette destination, je ne pense pas qu’elle puisse être rentable. Pour preuve, en 2017, une nouvelle desserte reliant l’aéroport d’Aïn Beïda à Ouargla, à celui de Carthage à Tunis, est annoncée à cor et à cris par Air Algérie. Le premier vol, à partir de Ouargla vers Tunis, devait avoir lieu le 12 février 2017. Il n’a jamais eu lieu, faute de voyageurs. Seules quatre personnes ont acheté des billets. Le vol a été annulé, les voyageurs remboursés et la desserte abandonnée sine die, à ce jour. » Par contre, fait remarquer un autre, « les vols vers l’Europe seront, j’en suis persuadé, très rentables. D’ailleurs, regardez, juste à côté de nous, la ligne El Oued – Paris Roissy Charles de Gaulle, ouverte, depuis le 31 octobre 2016, par la compagnie nationale Air Algérie est une réussite en termes de passagers. C’est de ce côté qu’il faut orienter nos avions mais aussi multiplier le nombre de vols omra et surtout récupérer les vols hadj à partir de Ghardaïa. C’est la clé de la réussite du développement de cet aéroport qui, faut-il encore le préciser, répond aux normes de navigation aérienne internationale et est doté de tous les moyens technologiques. » Pour sa part, Azzedine Mechri, le wali de Ghardaïa, a promis de faire remonter en haut de la pyramide toutes les propositions et promet d’aider à faire aboutir celles qui feront l’unanimité. n