La ville de Ghardaïa compte plusieurs exploitations agritouristiques. Cette activité en pleine expansion constitue une nouvelle voie pour la diversification du produit touristique qui peut booster le secteur en manque flagrant de clientèle.

En plus du potentiel culturel dont dispose cette ville du Mzab, et dans le but d’attirer une nouvelle clientèle en quête de vacances en milieu naturel, dans un mode de vie bio et typiquement traditionnel, la ville s’est lancée depuis plus d’une décennie dans l’exploitation des espaces ruraux à travers la création d’une activité touristique qui s’effectue sur des produits culturels, tels le patrimoine historique et culturel, mais aussi la gastronomie, les produits bios, et souvent à des prix peu onéreux. Sauf pour certaines exploitations où les prix sont de 5 000 DA la nuitée dans une chambre à 12 000 DA une suite individuelle.

Une idée simple mais efficace
Le tourisme à la ferme ou agrotourisme est devenu une activité à part entière et permet d’exploiter les multiservices d’une ferme agricole pour stimuler et mettre en valeur le territoire. Il contribue à dynamiser les espaces ruraux et a des implications en termes de création de valeur ajoutée locale. Pour le directeur local du tourisme, Mehdi Khidal, l’impact de l’agritourisme est très important. « Que ce soit sur le plan social, économique ou environnemental, cette activité représente plusieurs intérêts, à savoir l’intérêt phytogénétique du moment où, par exemple, l’extraction de l’huile d’olive se fait à l’intérieur de la ferme, ou pharmaceutique, en offrant des produits de phytothérapie et des plantes qui s’utilisent localement dans la médecine traditionnelle, sans oublier sa capacité d’absorption de la main-d’œuvre», a-t-il souligné. «Dans notre stratégie, nous encourageons les agriculteurs à multiplier ce genre de projets et d’aller dans cette direction», poursuit ce responsable. Cela permet, selon lui, de préserver le paysage et d’assurer des lieux qui permettent au touriste de séjourner en toute quiétude, à l’image de la résidence Aghlèn Paradise».

Projet multifacettes
La résidence Aghlèn Paradise est sans doute l’un des projets d’agritourisme le mieux réussi et le plus important dans la wilaya de Ghardaïa. Ce petit espace paradisiaque se dresse au pied d’une colline rocheuse dans une localité retirée nommée « Ntissa », située sur le territoire de la commune de Bounoura (12 km l’est du centre-ville de Ghardaïa). Cette résidence hôtelière, créée en 2007 dans une exploitation agricole et qui s’étale sur une assiette dépassant les 10 hectares, emploie actuellement 10 personnes permanentes en plus de la main-d’œuvre saisonnière lors des récoltes d’olives et de dattes qui peut atteindre ou dépasser une vingtaine de saisonniers. Elle est composée d’environ 15 chambres et 37 suites et semi-suites, bungalows, et plusieurs huttes en simple et en double. D’une architecture typiquement régionale et une décoration intérieure artisanale traditionnelle, elle représente un modèle bien réel du mode de vie à l’ancienne et typique et purement traditionnel dans un environnement naturel très beau et très varié. La résidence est entourée de champs d’orangers, d’oliviers, de grenadiers, de pommiers et de palmiers. Elle dispose également d’un escalier en béton jusqu’au sommet de la colline et de deux piscines. Des travaux d’extension sont en cours pour la réalisation d’une dizaine de suites bungalow, un parc animalier et un petit aquaparc. Ce qui portera le chiffre de recrutement à plus de 30 employés fixes, comme prévoit le propriétaire de la résidence, Habireche Bakir, dans un entretien avec «Reporters».  Il est important, selon cet investisseur, de se concentrer sur les atouts autre que le sable et les monuments, afin de ramener les flux touristiques à la hausse et surtout de rebooster le marché de l’artisanat, notamment le tapis qui est en récession et la clientèle qui se fait très rare.  Dormir sous les étoiles, se réveiller avec le gazouillis des oiseaux, déjeuner en pleine verdure, repas ou thé sous tente, vente de produits en circuit court et manger bio, telles sont les activités de diversification développées depuis de nombreuses années par les agriculteurs locaux, pour accroître leurs revenus, valoriser leur patrimoine culturel ou tout simplement exercer une passion, ancrée dans l’âme ghardaouie. Des mesures doivent être entreprises pour encourager et drainer plus de flux touristiques, domestiques et étrangers dans la région de Ghardaïa et qui consistent entre autres à la publicité et la médiatisation du produit touristique. Ces nouveaux projets multifacettes ont accordé une attention particulière à la mise en valeur des potentialités environnementales et paysagères de la région et la valorisation des produits locaux.  Au-delà des achats que les touristes effectuent sur place, ils contribuent à la stimulation des ventes des produits agricoles, artisanaux et industriels du terroir. Le Sud compte plusieurs fermes touristiques à Adrar, Béchar et une à Touggourt.