Le nouveau président ghanéen Nana Akufo-Addo a été solennellement investi hier samedi après avoir battu aux dernières élections présidentielles du 7 décembre 2016 le chef de l’Etat sortant John Dramani Mahama.

La cérémonie plaçant cet ancien défenseur des droits de l’Homme, âgé de 72 ans, à la tête du Ghana a eu lieu au square de l’Indépendance, dans le centre d’Accra, devant plus de 6000 invités et spectateurs. Plusieurs chefs d’Etats africains étaient présents ainsi que le président sortant et les anciens dirigeants John Rawlings et John Kufuor.
La victoire électorale de M. Akufo-Addo et la transition pacifique du pouvoir ont renforcé l’image du Ghana, perçu comme un modèle de stabilité dans une région souvent turbulente.
«Le Ghana s’est distingué pendant ces 25 dernières années comme étant un pays d’intégrité et de transparence», avait estimé à la proclamation des résultats l’un des observateurs du scrutin, Johnnie Carson, de l’Institut national démocratique. Le nouveau président élu avait déclaré aux agences de presse que les dirigeants qui souhaitaient rester en fonction à tout prix «naviguaient à contre-courant de l’Histoire».
La semaine de l’élection du nouveau président ghanéen, le président battu en Gambie Yahya Jammeh a contesté les résultats des élections qu’il avait dans un premier temps acceptés, plongeant son pays dans une grave crise politique, toujours en cours. Ailleurs sur le continent, il existe de nombreux exemples de dirigeants qui souhaitent modifier la Constitution – ou l’ont déjà modifiée – pour se maintenir plus longtemps au pouvoir. Le président du Nigeria Muhammadu Buhari et d’autres chefs d’Etat africains chargés de la médiation pour trouver une solution à la crise gambienne devaient se réunir hier à Accra après l’investiture. «Une décision majeure est à attendre à l’issue de cette réunion cruciale pour sortir de l’impasse», a déclaré le porte-parole de M. Buhari, Garba Shehu, à des journalistes à Abuja. «En tant que médiateur principal dans cette crise, le président Buhari est déterminé à résoudre cette crise», a-t-il précisé. M. Akufo-Addo a promis de remettre le Ghana «sur la voie du progrès et de la prospérité», après une crise économique qui avait conduit son prédécesseur à solliciter un plan de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI). Cette semaine, M. Mahama a défendu son mandat, affirmant qu’il avait dû «naviguer contre de puissants vents contraires» ayant entraîné un ralentissement de la croissance, une explosion de la dette publique et une baisse de la monnaie.
Le président sortant a cependant encouragé les Ghanéens à se rassembler derrière M. Akufo-Addo, avant de faire visiter à son ancien rival le palais présidentiel, Flagstaff House.