Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, est encore une fois revenu sur l’état déplorable des services des urgences médicales, en usant d’un ton plus ferme et en mettant en garde que des mesures seront prises à l’encontre de tout responsable qui ferait preuve de négligence.

PAR INES DALI
Cette énième mise en garde du ministre est venue à l’occasion de la réunion périodique tenue avec les directeurs de la santé des wilayas et des responsables des établissements hospitaliers avant-hier dimanche. Après le «choc» du service des urgences du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Rochd d’Annaba, il n’a pas hésité à faire montre de son mécontentement en donnant, encore une fois là aussi, des instructions pour l’amélioration des conditions dans les services en question. Ainsi, le ministre a manifesté son «mécontentement concernant certains services des urgences, comme à l’hôpital d’Annaba», insistant sur «l’impératif d’améliorer les structures sanitaires et d’accélérer la livraison des structures réalisées», a indiqué un communiqué du ministère de la Santé. Le Pr Benbouzid a, par ailleurs, relevé le retard accusé dans les opérations d’équipement et de livraison des structures d’urgence, notamment en ce qui concerne les hôpitaux spécialisés en urgences médico-chirurgicales (UMC).
Il a, ainsi, relevé la nécessité d’accélérer le rythme de livraison des structures achevées, avec le respect obligatoire du calendrier de réception préalablement établi par les services du ministère en coordination avec les directions de la santé sur l’ensemble du territoire national, est-il précisé de même source.
En insistant sur le respect des délais afin de pouvoir mettre en service les structures en question, Benbouzid a souligné, également, la nécessité d’une application de l’ensemble des instructions, affirmant que des «mesures coercitives» seront prises à l’encontre de tout responsable négligeant.
Ce n’est pas la première fois que le ministre de la Santé émet des mises en garde à propos des services des urgences que certains qualifient carrément de «plaie persistante» au regard de leur entretien ou plutôt de leur «non-entretien» et des conditions dans lesquelles ils n’hésitent pas à accueillir les malades. Des conditions qui laissent pantois alors que les malades qui s’y rendent s’attendent à être accueillis dans un lieu leur garantissant des soins dans un milieu sain et leur apportant le réconfort dont ils ont besoin. Il n’en est rien dans nombre de services des urgences, dont les responsables ne semblent être préoccupés ni par l’insalubrité qui y règne encore moins par les désagréments causés aux malades sans lesquels, pourtant, ces services n’ont pas lieu d’être.
En dépit des nombreux coups de colère et des mises en garde du ministre de la Santé qui ne datent pas d’hier – ayant lui-même constaté l’état dans lequel il avait trouvé les urgence de certains hôpitaux où il avait effectué des visites inopinées -, rien ne semble perturber ou sensibiliser certains «irresponsables» si l’on considère ce qui arrive et qui est révélé au grand jour au niveau de certaines structures. Pourtant, il y a moins d’un mois, en début mai, M. Benbouzid s’était exprimé clairement à ce sujet.
Le constat était qu’il avait même haussé le ton en donnant des instructions pour une meilleure prise en charge des malades au niveau des urgences. Il avait alors donné «un ultimatum de 15 jours» aux responsables concernés pour «l’amélioration de la qualité des services dans les structures des urgences», avertissant que dans le cas contraire, il y aurait «des sanctions». Mais rien n’y fit. L’exemple du CHU d’Annaba, dont le premier responsable a été limogé avant-hier, en est une preuve vivante. Reste à savoir si la leçon donnée à travers cet exemple est bien apprise… n