Par Sihem Bounabi
Quelques semaines après une première visite aux services des urgences du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Frantz-Fanon de Blida, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abderrahmane Benbouzid est y est revenu et a exprimé sa «satisfaction» suite au constat de «l’amélioration de la situation au niveau des services des urgences», appelant les responsables locaux à poursuivre leurs efforts dans ce sens «d’autant plus que contrairement aux autres services hospitaliers, le service des urgences est sujet à une pression considérable de la part des citoyens».
Il est à souligner que lors de sa précédente visite, le ministre de la Santé avait constaté «des insuffisances», notamment «concernant les salles de permanence des médecins résidents, de leurs conditions de travail et de la prise en charge des malades». Ainsi, lors de cette nouvelle sortie surprise au CHU de Blida, le ministre a constaté de visu la mise en application de ses directives pour l’amélioration des conditions de travail du personnel médical et de la prise en charge des malades. Il a toutefois tenu à relever que même si des choses ont été faites, «l’amélioration n’a pas encore atteint le stade souhaité», appelant à redoubler d’efforts pour atteindre cet objectif.
Il a dans ce sillage renouvelé son appel aux différents responsables du secteur de la santé «d’assurer les meilleures conditions de soins aux citoyens, tout en veillant à offrir de bonnes conditions de travail aux équipes du secteur». Le ministre a également appelé à «l’humanisation des relations avec les patients, de la part des professionnels du secteur», incluant les médecins, les paramédicaux et les administrateurs à travers «un accueil chaleureux et l’explication de l’état du patient à la personne concernée».
En outre, Abderrahmane Benbouzid a réaffirmé que le ministère de la Santé œuvre sans relâche pour poursuivre «la politique d’amélioration des services de santé pour les citoyens» notamment «en créant et en soutenant les établissements de santé à travers le pays tout en assurant la fourniture de toutes les spécialités médicales et des moyens de diagnostic et de dépistage modernes».

Assurer les urgences dans au moins deux polycliniques par wilaya
Par ailleurs, le ministre de la Santé a rappelé l’impératif de rapprocher les structures des urgences du citoyen, afin de réduire la pression sur les services d’urgences des grands hôpitaux des villes et assurer de meilleures prestations.
Il a souligné à ce sujet que «la nouvelle politique du secteur repose sur la sélection d’établissements sanitaires de proximité afin de rapprocher les services d’urgences du citoyen, d’une part, et réduire la pression sur les services d’urgences dans les grands hôpitaux des villes, d’autre part».
Dans cette optique, le ministre a donné des instructions au directeur local de la santé, au même titre que les responsables du secteur à travers le pays, de désigner au moins deux cliniques modèles dans chaque wilaya pour assurer des prestations d’urgences médicales.
Une première étape avant que cette démarche soit élargie à la majorité des polycliniques sur tout le territoire national suite à leur réhabilitation et le renforcement du personnel soignant et des équipements nécessaires afin qu’elles puissent être opérationnelles et ouvertes aux citoyens 24H/24.
Pour rappel, l’amélioration des services de santé, en général, et ceux des urgences, en particulier, est l’une des priorités du ministère de la Santé qui a effectué, ces dernières semaines, plusieurs visites d’inspection dans différentes wilayas du pays après avoir donné un ultimatum de 15 jours aux gestionnaires pour palier aux défaillances au cœur de plusieurs polémiques relayées par les réseaux sociaux. Afin de concrétiser sur le terrain la détermination du département de santé de lutter contre le laxisme de certains responsables et tourner la page des images déplorables des services de santé, le ministre de la Santé effectue depuis plusieurs semaines des visites surprises aux niveaux de différentes structures de santé à travers le territoire national.
Suite au constat de la non-application de ces directives malgré ses nombreux appels et les ultimatums qu’il avait lancés, le ministre est passé aux sanctions avec plusieurs limogeages de hauts responsables dont le dernier en date est celui du directeur général du CHU Ibn Badis de Constantine, quelques jours après la visite de travail et d’inspection effectuée par le ministre, où il a constaté un «laisser-aller flagrant». Le ministre avait ainsi été scandalisé notamment par «le délabrement des services des urgences», «la malpropreté au niveau les blocs opératoires», mais aussi que «les médicaments soient jetés n’importe où». Le directeur de l’hôpital de Chelghoum Laïd a également été limogé par le ministre de la Santé pour notamment le manque d’hygiène et les conditions déplorables des services de santé.
La série de limogeages avait commencé au début de ce mois de juin par celui du directeur général du CHU Mohamed-Nacer d’Annaba, suite à de nombreux rapports de mauvaise gestion et dégradation des services. Ainsi, le ministre de la Santé a insisté sur l’intransigeance de son département face à la mauvaise gestion et le laisser-aller de certains responsables qui entravent l’amélioration des services de santé en Algérie. n