Par Salim Benour
Le 19 avril 2021, le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, disait que Suez Environnement, gestionnaire délégué de l’eau à Alger et Tipasa, «a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites». «Le contrat est en vigueur et les engagements doivent être respectés, nous verrons à la fin du contrat s’il sera reconduit ou pas».
Aujourd’hui, 31 août, on apprend que ce contrat n’a pas été reconduit, une information qui était déjà contenue dans la déclaration du ministre il y a plus de cinq mois. M. Mihoubi ajoutait, en effet, que «pour le contrat III, il y a eu des irrégularités en matière de gestion (…) le mode de montage actuel du contrat «ne répond pas aux exigences actuelles». Il anticipait la fin d’une collaboration qui a commencé en 2006 et a permis la remise à neuf pratiquement du réseau de distribution d’eau. Une époque marquée par la disponibilité du financement et la mise en place d’un système de coopération qui a fini par s’essouffler au fil du temps pour diverses raisons dont celles relativement au changement d’encadrement. La génération du début incarnée par Jean-Marc Jahn a réalisé des succès qu’on n’a pas observé avec celle qui a clôt le contrat à l’image de celle de Brice Cabibel, qui a quitté son poste en août 2020 dans un contexte de constat de carence de gestion des unités de gestion des unités de SEAAL. A cette période, et bien que M. Cabibel ait été remplacé par Yves Fagherazzi, les relations entre le partenaire français et l’ancien ministre des Eaux, Arezki Berraki (aujourd’hui aux mains de la justice), étaient déjà exécrables. Elles ne sont pas améliorées après son remplacement par un nouveau ministre. Une réunion extraordinaire du conseil d’administration de la SEAAL, qui s’est tenue hier au siège de SEAAL, a acté le divorce entre les deux parties. Une nouvelle ère commence. Yves Fagherazzi quitte son poste de directeur général de SEAAL. Un cadre algérien prend sa place. La question de l’eau, elle, reste crûment posée sous le signe de la pénurie et du rationnement et requiert une réponse sur le long terme. n