La gestion des écoles primaires ne sera plus assurée par les assemblées locales. Ces établissements seront gérés à l’avenir par une Commission nationale qui sera placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. C’est ce que Reporters a appris du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep), qui ne précise cependant pas l’échéance fixée pour ce changement.

Par Milina Kouaci
En effet, le ministère de l’Education nationale sous Mohamed Ouadjaout (remplacé depuis la semaine passée), dans le cadre d’une série de rencontres avec les syndicats du secteur sur le statut particulier et les questions d’ordre socioprofessionnel, a signifié à son partenaire social l’intention du ministère de l’Intérieur de mettre en place une commission nationale qui s’occuperait de la gestion des écoles du cycle primaire.
D’ailleurs, les syndicats du secteur plaident depuis toujours pour le placement des écoles primaires sous la seule tutelle du ministère de l’Education nationale. Les Assemblées communales se chargent de la gestion financière des 19 000 écoles du primaire, tandis que le ministère de l’Education se charge uniquement de l’aspect pédagogique, en vertu des lois en vigueur qui restreignent son champ d’intervention notamment, l’article 122 du code communal limitant la responsabilité entre les ministères de l’Education et celui de l’Intérieur. Cette double tutelle n’a pas, selon des syndicats enseignants, servi les établissements primaires. Au contraire, elle «entrave» leur bon fonctionnement.
Ainsi, les syndicats autonomes ne cessent de réclamer, la «libération des écoles primaires de la gestion des Assemblées communales, qui «n’honorent pas leurs engagements», nous dit Chafik Lezreg, secrétaire général du bureau local du Snapep à Mostaganem. «Nous avons constamment plaidé pour l’affranchissement des écoles primaires de la gestion des Assemblées communales, sans que nos doléances ne trouvent une oreille attentive», regrette M. Lezreg. Notre interlocuteur reproche aux APC de «ne pas honorer leurs engagements envers les écoles primaires», notamment, au lendemain de la propagation de coronavirus dans le pays. «Nous avons travaillé dans des conditions lamentables, avec un manque de moyens humains et matériels et des défaillances dans l’application du protocole sanitaire. Aujourd’hui que la courbe des contaminations est repartie à la hausse, nous ne voulons pas que le même scénario se reproduise la prochaine année scolaire si la situation épidémiologique ne s’améliore pas», ajoute le syndicaliste.
«L’absence des collectivités locales et du protocole sanitaire ont donné lieu à un climat de peur et de préoccupation dans le milieu scolaire, notamment après l’enregistrement des cas de coronavirus parmi le personnel éducatif». Plus explicite, il indique que «plusieurs établissements scolaires ne disposent pas d’agents d’entretien et manquent d’eau, de masques et de gel hydro-alcoolique, et ne désinfectent pas les écoles», cite entre autres Chafik Lezreg. Contrairement aux collèges et lycées, les écoles primaires ne disposent pas d’un budget de fonction et d’intendant pour s’occuper du volet financier de l’établissement scolaire
La mise en place d’une commission nationale de gestion des écoles primaires mettrait-elle un terme à la grogne et au mécontentement des travailleurs du secteur vis-à-vis de l’état des lieux des écoles du cycle primaire ? «Nous voulons être sous la tutelle exclusive du ministère de l’Education avec des écoles types disposant de salles polyvalentes, de réfectoires, de stade et de commodités permettant une bonne scolarisation aux élèves», conclut le syndicaliste. <