PAR MILINA KOUACI
Les directeurs des écoles primaires, qui ont constamment fait état «du manque de moyens et de ressources financières», demandent que le ministère leur consacre un «simple budget pour la gestion des établissements du cycle primaire».
Et pour cause, le ministère de l’Education nationale a annoncé son intention d’accorder une aide financière exceptionnelle aux établissements d’enseignement moyen et secondaire. Elle sera réservée au paiement des factures de la consommation en électricité, gaz et eau potable. Cette aide permettra également à certains établissements d’acquérir des outils de nettoyage et d’entretien. «Il est normal que le ministère de l’Education vienne en aide aux établissements scolaires des cycles moyen et secondaire, sans inclure les écoles primaires, qui sont financièrement, sous la tutelle des Collectivités locales», dit Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national autonome des directeurs des écoles primaires (Snadep), qui rappelle que le ministère de l’Education prend uniquement l’aspect pédagogique. Ce dernier fait savoir que le syndicat a demandé au ministère de l’Education de consacrer «un simple budget pour la gestion des écoles primaires auprès». «Nous avons demandé de nous accorder un budget de 100 000 DA à chaque établissement afin de répondre aux besoins des écoles et de contribuer à l’effort des APC. A titre d’exemple, si une vitre est fissurée, je peux ramener directement un menuisier sans solliciter l’intervention de l’APC.» L’année passée, les écoles primaires ont bénéficié d’une aide financière exceptionnelle au même titre que les écoles des cycles moyen et secondaire, pour une meilleure application du protocole sanitaire contre la propagation du coronavirus. Cette aide exceptionnelle n’a pas été directement octroyée aux responsables des écoles primaires, mais inclue dans le budget des collèges. Les intendants des établissements du cycle moyen se sont chargés de l’acquisition des produits dont les écoles primaires avaient besoin. Le Snadep exige de soustraire la gestion des écoles primaires des Collectivités locales, bien qu’il soit persuadé que le ministère ne peut trancher seul cette question. «Le ministère de l’Education ne peut à lui seul trancher, le gouvernement a son mot à dire sur la double gestion des écoles primaires», indique le président du Snadep. Ce dernier manifeste pourtant son optimisme : «La libération des écoles primaires de la gestion des Collectivités locales ne se fera pas dans l’immédiat, mais finira pas avoir lieu.»
Sur un autre volet, Abdelkrim Gaïd fait savoir que les syndicats autonomes du cycle primaire envisagent de s’organiser dans une Intersyndicale. La création de cette entité aura pour objectif de faire valoir les revendications communes des syndicats qui la constituent. Pour rappel, le Snadep exige, outre la soustraction des écoles primaires de la gestion des Collectivités locales, de régler les problèmes liés aux logements d’astreinte, le droit de retraite proportionnelle et de placer le métier de l’enseignement dans la nomenclature des métiers à haute pénibilité. Les directeurs demandent, par ailleurs, aux autorités compétentes de se charger de la vente des livres scolaires.