Par Khaled Remouche
Faible consommation des crédits, insuffisante maturation des projets, récurrentes réévaluations des projets, glissements importants dans les délais de réalisation, infrastructures inexploitées après leur réalisation, absence de stratégie de développement territorial, autant de dysfonctionnements relevés par la Cour des comptes dans la gestion de certaines wilayas. Dans le dernier rapport de la Cour des comptes, cette institution de contrôle a épinglé les wilayas d’Oran, de Sidi Bel Abbès et de Blida. A l’issue d’opérations de contrôle sur le terrain, ses investigations ont abouti pour la première wilaya à cerner les dysfonctionnements et les lacunes de gestion à travers l’examen de l’exécution des budgets de fonctionnement et d’équipement et d’investissement.
Le document note que cette dernière n’avait pas en 2019-2020, date des opérations de contrôle, une stratégie de développement à moyen terme, en violation de la loi de janvier 2012 qui impose l’élaboration de ce plan. Le rapport conclut concernant l’exécution du budget d’équipement que les projets de la wilaya sont souvent lancés en l’absence d’une maturation suffisante. Ce qui a pour conséquence des réévaluations importantes de programmes de développement provoquant l’arrêt des travaux et l’inexploitation de certaines infrastructures plusieurs années après leur réception. Le rapport relève également des dysfonctionnements dans le processus de préparation de la réalisation des projets.
La Cour des comptes constate dans la foulée que la réalisation des programmes d’équipement est marquée par des retards considérables dans la réalisation, d’où la faiblesse avérée de la consommation des crédits mobilisés. Une situation qui a impacté l’atteinte des objectifs de développement et donc la prise en charge des besoins des citoyens.
Entre 2016 et 2020, sur un budget de 37,19 milliards de dinars, le taux global de consommation des crédits était à hauteur de seulement 50%. Le rapport note également le faible investissement dans des projets productifs de revenus. Les dépenses d’équipement se répartissent en 25% dans les routes et réseaux, 10% dans les équipements scolaires, 10% dans les bâtiments et équipements administratifs. Les projets d’équipement productifs de revenus sont estimés à 61 millions de dinars, moins de 1% du total des dépenses.
Le rapport cite un projet de parking à étages inscrit en 2006 et qui a été réalisé après 15 ans de travaux pour un montant de 556 millions de dinars. A la date du contrôle, cette infrastructure était inexploitée. Le nouveau siège de l’APW inscrit en 2011 avec un budget de 79 millions de dinars a connu 52 mois d’arrêt de travaux et plusieurs réévaluations pour un coût de 139 millions de dinars. La réception provisoire date de février 2019, soit après 7 ans de travaux.
Concernant le budget de fonctionnement, le rapport fait état de l’absence de consultation pour le choix des opérateurs dans certains marchés. Dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, presque le même topo concernant les dysfonctionnements, faible consommation des crédits, mauvaise préparation du budget, maturation des projets, réévaluations, retards dans la réalisation. Quant à la wilaya de Blida, elle a disposé d’un rattrapage en matière de développement devant toucher les localités insuffisamment dotées en équipements, selon le rapport, les budgets prévus sont allés aux communes riches, Meftah, Larbaa et la commune de Blida au détriment des communes pauvres telles que Chréa. <