PAR NAZIM BRAHIMI
La réunion Gouvernement-walis, entamée samedi, a pris fin hier avec l’élaboration par les participants d’une série de recommandations présentées en présence du Premier ministre en vue d’améliorer la gestion des collectivités locales devenues, à bien des égards, des territoires d’embûches.
Au-delà du constat évoquant la récurrence de ce genre de réunion, il y a manifestement lieu d’observer la persistance de la problématique de la gestion locale qui peine à se hisser au niveau des potentialités qu’offrent pourtant certains territoires. Mais en dépit de la récurrence de ces réunions, force est de constater que les réponses adéquates aux questions soulevées de manière tout aussi répétitives ne sont pas encore apportées renvoyant ainsi l’essor local aux calendes grecques. Preuve en est les recommandations communiquées qui ne disent pas moins la difficulté à asseoir une gestion efficace des collectivités locales, appelées à tenir le rôle d’«agent économique» dans un contexte de contraintes financières majeures.
C’est ainsi que les participants à un des cinq ateliers ont insisté sur la mise en place d’«une réflexion aboutissant à une nouvelle approche en matière de développement local devant ouvrir des perspectives pour la mise en place d’un nouveau cadre de conception et d’évaluation des programmes locaux de développement». Il s’agit, selon les conclusions de cet atelier, de mettre en œuvre des «approches sectorielles à impact limité pour s’orienter vers une logique plus intégrée dans l’objectif d’aboutir à une meilleure prise en charge des besoins socio-économiques territoriaux». Sans préjuger du devenir d’une telle proposition, il va sans dire que l’effort de conceptualisation appelle à une concrétisation des projections sur le terrain, notamment au vu du niveau élevé des exigences des citoyens en matière de gestion locale, mais aussi des contraintes financières que vit l’Etat. Il faut relever cette nouveauté qui a mis en avant la nécessité de mettre en place des structures de veille et de prévention en recommandant de «passer d’une politique réactive à celle prospective, anticipative et préventive».
Parmi ces conclusions figurent également la nécessité de déterminer les autorités chargées des opérations périodiques de curage des avaloirs et de ramassage des ordures et des résidus en prévention des risques, la mise en œuvre d’une politique prospective de gestion de l’eau potable, l’évaluation des besoins des générations futures avec une utilisation large des eaux non conventionnelles, ainsi que la mise en place d’un dispositif de veille et de pré-alerte.

En résonance du PAG
Les recommandations de la réunion Gouvernement-walis laissent par ailleurs transparaître, notamment dans certains aspects, des relations avec le contenu du Plan d’action du gouvernement validé par le Parlement dans ses deux chambres. Dans son intervention au premier jour de cette réunion, Aïmene Benabderrahmane a mis l’accent, entre autres, sur l’impératif d’ouvrir les chantiers de réforme de la fiscalité locale «dans les plus brefs délais» avec comme objectif optimal d’assurer un «financement stable» des collectivités locales.
Les chantiers à ouvrir dans les plus brefs délais ont trait à la réforme de la fiscalité locale, la solidarité inter collectivités locales, le développement des recettes des domaines, et la révision du processus des dépenses au niveau local, a souligné M. Benabderrahmane. Ce dernier n’a pas omis d’évoquer la problématique du financement des investissements au niveau local, estimant que «le financement du budget des collectivités locales avec des recettes permanentes est fondamental, voire impératif».
Il a souligné, par la même occasion, que «la réforme de la fiscalité locale ne saurait à elle seule réaliser l’équilibre escompté pour garantir la justice en matière de développement», estimant que «les subventions octroyées par l’Etat doivent être orientées vers les activités de développement local et servir au renforcement de la stabilité financière des collectivités locales».
Pour M. Benabderrahmane, les recommandations, qu’il a qualifiées de «précieuses», seront adoptées par le Gouvernement pour être le «prolongement» de son programme d’action au niveau local, faisant remarquer que les «recommandations sont incluses dans le plan».