Les coupures d’eau au quotidien, jour et nuit, n’ont pas attendu les deux jours de l’Aïd El Adha pour être opérées. Dans de nombreuses communes de la capitale et d’autres wilayas du pays, cette ressource vitale se fait rare dans les robinets des ménages depuis plusieurs semaines. Depuis même avant l’Aïd El Fitr dans le cas de nombreuses localités, recensées comme « zones d’ombre » ou pas.
C’est dire que la fête du sacrifice, à travers les besoins supplémentaires en eau qu’elle provoque, n’aura été qu’une occasion pour que la goutte fasse déborder le vase et pousse les citoyens à sortir crier leur détresse, alors que le prestataire Seaal ne trouve aucune retenue à tenter de sensibiliser sur l’économie d’un liquide que la pénurie permet déjà d’économiser aisément.
Certes, le temps est venu de penser à une gestion plus rationnelle des ressources hydriques lors des circonstances pareilles à celle de l’Aïd El Adha. Des mécanismes existent sans doute pour que l’eau coule suffisamment sans qu’elle soit gaspillée. Cependant, qu’en est-il de ces flots déversés chaque jour et en toutes circonstances pour que le plaisir soit plein. Les exemples sur ce registre ne manquent pas et on peut citer ceux des bâches à eau et des piscines dans pratiquement chaque quartier résidentiel, sans que personne n’ose y voir la moindre anomalie, encore un signe de gaspillage sur lequel les pouvoirs publics sensibilisent.
Combien sont-elles ce type d’infrastructures à travers le pays et combien de mètres cubes d’eau consomment-elles à elles seules ? Les questions méritent d’être posées aussi à ceux qui s’évertuent à réciter par cœur des justificatifs sur mesure à la pénurie d’eau qui revient chaque période estivale frapper en force. Où est parti tout cet océan d’eau potable consommé durant les deux jours de l’Aïd qu’évoque le Directeur général de l’ADE ? Une autre question qui assèche l’esprit dans tous ces quartiers qui n’ont eu droit à aucune goutte d’eau durant cette période.