Largement tributaire des financements publics, la gestion de l’animation culturelle a connu, en 2017, une année difficile avec un budget de fonctionnement de l’ordre de 16 milliard de dinars, une enveloppe en baisse de trois milliards par rapport à 2016 et de plus de 5 milliards par rapport a son plus haut niveau historique de 2013, estimé à 21 milliards de dinars.

La situation de la culture ne devrait pas s’améliorer en 2018; la nouvelle loi de finances prévoyant un budget de fonctionnement, encore réduit, de 15,27 milliards de dinars. L’année qui s’achève aura néanmoins été marquée par une prise de conscience et des tentatives de recourir à « d’autres sources de financements », notamment en faisant appel à des contributeurs privés par la voie du sponsoring ou carrément de l’investissement, sachant que d’ores et déjà, une politique dite de « rationalisation des dépenses » a été tentée en faisant fusionner des structures dépendant du ministère de la Culture. Cependant, le retour sur le détail de ces deux annonces montre que tous les objectifs n’ont pas encore été suivis d’effet sur le terrain. Ainsi, alors que le ministre de la Culture avait expliqué le 22 février dernier sur les ondes de la Radio nationale que son secteur travaille « depuis un certain temps à la réforme du système de la culture (…) c’est-à-dire réformer les structures et les institutions d’une part et les programmes d’autre part », la concrétisation de l’une des principales mesures de cette réforme, à savoir la fusion de structures dépendant du ministère de la Culture – sur le modèle de l’Opéra d’Alger, fusionné avec l’Orchestre symphonique national, le Ballet national et l’Ensemble national algérien de musique andalouse – se fait toujours attendre ! En premier la création officielle de la nouvelle institution intitulée « l’office Riad el Feth pour le rayonnement culturel », « mariage », non acté à ce jour, entre l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel et l’Office Riad el Feth. Quant au chantier d’envergure qui devait être au centre des débats de cette année, l’implication du secteur privé dans la gestion de la culture, le constat reste, là aussi, plutôt négatif. Le ministre de la Culture, qui avait pourtant appelé, dès 2016, les opérateurs privés à investir dans le cinéma, notamment en leur promettent des facilitées pour la construction de multiplex ou de studios de cinéma, n’a pas été suivie d’actes. Azzedine Mihoubi, qui a annoncé l’existence de « discussions avancées » avec des privés, a réitéré le même appel aux investisseurs fin 2017; déclarant, lors d’une conférence organisée par le journal arabophone Al Hiwar, que « nous sommes dans une situation économique qui ne nous permet pas de continuer à travailler de la même façon », en annonçant qu’une réflexion était aujourd’hui en cours en vue de dégager des mécanismes permettant, à terme, de confier la gestion de certains « sites importants » relavant du patrimoine national au secteur privé. Des mécanismes apparaissant ainsi comme le véritable enjeu de cette nouvelle année 2018 !