PAR INES DALI
Le gouvernement a rendu public son bilan de la «gestion de la pandémie de Covid-19 sur le plan sanitaire, social et économique» couvrant la période allant du 1er janvier au 31 mai 2021, avec parfois des rappels depuis l’apparition de cette pandémie dans le pays en février 2020. C’est un bilan chiffré qui revient, entre autres, sur le volet épidémique, les dépenses liées au volet sanitaire, les aides et indemnités accordées aux travailleurs des secteurs impactés par la crise sanitaire et aux familles nécessiteuses, ainsi que les facilitations au profit des opérateurs économiques.
«Dès le début de la pandémie de Covid-19, l’Algérie a pris rapidement la mesure de ce défi sanitaire. L’engagement au plus haut niveau de l’Etat a permis de prendre des mesures qui ont contribué à juguler cette crise sanitaire et à maintenir une situation épidémiologique stable, à travers la mise en œuvre du plan de préparation et de riposte à cette menace», a indiqué le gouvernement en guise de préambule. Sur le plan épidémiologique, il est noté que le bilan arrêté au 25 mai fait état de 127.361 cas confirmés par RT/PCR, ce qui traduit que l’Algérie s’en sort plutôt pas mal de cette crise sanitaire comparativement à d’autres pays qui ont enregistré des millions de cas. A la même date, 3.433 décès ont été recensés dont 170 parmi les professionnels de la santé. La mortalité est plus fréquente chez les hommes (70%) et les personnes dépassant les 60 ans (72,9%) et plus concentrée à Alger (500 décès) Tizi Ouzou (318) et Sétif (307 cas).
Après avoir abordé plusieurs sous-chapitres liés à l’hospitalisation, l’oxygène médical, l’importation et la production de produits pharmaceutiques, de tests de dépistage, de moyens de protection et autres équipements de santé, etc., le gouvernement révèle le chiffre des vaccins anti-Covid-19 acquis. Après avoir rappelé que le premier lot de vaccin réceptionné par l’Algérie et qui a permis le lancement de la campagne vaccinale en janvier 2021 a été le Sputnik V avec 50.000 doses, le gouvernement a indiqué que «l’Algérie enregistre aujourd’hui la réception de 2,7 millions de doses de vaccins de différents types (Sputnik V, AstraZeneca, Sinopharm, Sinovac)». Le gouvernement estime que ces quantités ont permis de mener la campagne de vaccination dans le cadre des objectifs qui lui ont été assignés, à savoir assurer la vaccination de 70% des citoyens âgés de plus de 18 ans, soit 20.305.095 personnes pour pouvoir atteindre l’immunité collective espérée. Le budget alloué pour l’acquisition des vaccins anti-Covid s’élève à 22,5 milliards de DA.
Avant de détailler l’impact budgétaire de la pandémie de Covid-19, le gouvernement a noté que la conjoncture exceptionnelle qui a prévalu dès le premier semestre de l’année 2020, marquée par les effets de la crise sanitaire et l’effondrement des cours du pétrole, a contraint les pouvoirs publics à engager des actions urgentes à caractère économique, social et sanitaire. «L’impact budgétaire des décisions prises pour faire face à cette crise sanitaire touchant tous les secteurs impactés au titre des exercices 2020 et les premiers mois de l’exercice en cours (jusqu’à avril 2021) s’élève à 238 milliards de dinars». Ce montant est réparti à raison de 18,66 milliards de DA pour «l’acquisition des moyens de protection» au profit du secteur de la santé (17,643 milliards de DA), de l’intérieur (955 millions de DA) et des Affaires étrangères (63 millions de DA) et de 99,1 milliards de DA au titre des indemnités exceptionnelles au profit des agents de l’Etat mobilisés dans le cadre de la pandémie, et ce, en les encourageant par des primes exceptionnelles. Il s’agit de 747.000 agents relevant de plusieurs secteurs. Il y a d’abord le secteur de la santé qui compte 367.456 agents mobilisés (corps médical, paramédical et administratifs) avec un budget de 81 milliards de DA couvrant le versement des primes exceptionnels pour une période de douze mois dont 6 mois pris en charge sur 2020 et 6 autres sur 2021. Le secteur de l’intérieur vient en seconde position un budget alloué de 15,23 milliards de DA au titre du versement des primes exceptionnelles au profit de 295.000 agents mobilisés, dont 165.000 agents de police (9,9 milliards de DA), 48.000 agents de la Protection civile (2,88 milliards de DA) et 82.000 agents d’hygiène et d’assainissement (2,45 milliards de DA), et ce, pour une période de 6 mois. Vient ensuite le secteur des finances qui s’est vu allouer 279 millions de DA au profit du personnel des douanes exerçant au niveau des frontières (4.650 agents) «dont l’incidence financière pour une période de 6 mois a été prise en charge sur les crédits disponibles de la DGD», selon le gouvernement. Le budget pour le secteur de la Défense nationale est de 2,6 milliards de DA au titre des primes exceptionnelles au profit des agents de la Gendarmerie nationale au nombre de 65.186 et aux agents de la santé militaire au nombre de 14.667 pour une période de 3 mois.
73,3 milliards de DA pour les opérations solidarités et aides financières
Quant au budget des «opérations de solidarité et aides financières», il se monte à 73,12 milliards de DA. «Il s’agit de l’impact financier résultats de la mise en œuvre du dispositif de lutte contre la propagation de la pandémie afin d’atténuer les effets socioéconomiques résultant des mesures de confinement sanitaire, notamment les familles nécessiteuses», explique le gouvernement. Il indique que le montant de la solidarité-ramadan est de 37,1 milliards de DA, celui des allocations de solidarité de 10.000 DA au profit de 576.262 familles nécessiteuses est de 14,57 milliards de DA), celui de l’aide financière de 30.000 DA au profit des personnes exerçant certains métiers impactés au nombre de 217.387 est d’un montant de 19,64 milliards de DA (dont 7,4 milliards au titre de 2020 et 12,2 milliards au titre de 2021 avec paiement à découvert). Ce chapitre comprend également l’aide de 30.000 DA au profit des transporteurs routiers interwilayas au nombre de 16.740 pour un montant de 1,5 milliard de DA, dont 0,5 milliard au titre de 2020 et 1 milliard au titre de 2021 (paiement à découvert) et, enfin, l’aide de 10.000 DA au profit des conducteurs et des receveurs (transports interwilayas au nombre de 9.153 bénéficiaires pour un montant de 275 millions de DA.
Le gouvernement indique, par ailleurs, que le volet «assistance et rapatriement des citoyens» a bénéficié d’un montant de 9,87 milliards de DA, comprenant la prise en charge des frais inhérents aux réquisitions des établissements hôteliers pour le placement en quarantaine des citoyens rapatriés, ainsi que les frais d’hébergement, de restauration et de transport des équipes médicales réquisitionnées, outre les moyens mobilisés à l’étranger pour l’assistance et le rapatriement. Le budget libéré pour la pandémie comprend également les frais de remboursement des tests Covid (CNAS) avec un montant de «15 milliards de DA réservé au titre de la compensation de l’Etat pour la mise en œuvre du remboursement au profit des assurés sociaux».
Sur le plan de la coopération internationale dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, l’Algérie a contribué avec 271 millions de DA, dont 13 millions (100.000 dollars) au titre de sa participation volontaire au budget des Nations unies et 258 millions (2 millions de dollars) pour le fond d’intervention de l’Union africaine contre le coronavirus.
Sur le plan financier et monétaire, la Banque d’Algérie a pris une série de mesures, dont la baisse du taux des réserves obligatoires le ramenant à 2% en février 2021 et la hausse du seuil de refinancement des titres publics négociables. En outre, la BA a pris des mesures exceptionnelles au profit des entreprises dont le report de paiement des tranches de crédit ou le rééchelonnement des créances. Sur le plan économique et fiscal, les entreprises ont également bénéficié de mesures exceptionnelles. n