La gestion de la crise sanitaire due la pandémie du nouveau coronavirus est «réussie» en Algérie même si le grand défi reste «l’éradication» du virus, a indiqué le premier ministre, Abdelaziz Dejrad, ajoutant que la méthode suivie a été «très efficace».
Dans une déclaration en marge de la clôture de la réunion gouvernement-wali, jeudi dernier, il a souligné que cette «réussite» est réalisé grâce «à la coordination permanente entre toutes les institutions de l’Etat et au travail collectif chapeauté par le président de la République». Ce travail collectif comprend «le Premier ministère, le ministère de la Santé et le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus ainsi que la Commission de la fatwa qui travaillent avec les walis. Ils ont tous effectué un travail valeureux qui nous a permis de faire face à plusieurs défis», a déclaré le Premier ministre. L’Etat «a réussi dans la gestion» de la crise sanitaire, et ce, en dépit des «chiffres des contaminations qui montent et qui descendent», a-t-il dit.
Il n’a, toutefois, pas omis de réitérer l’appel aux citoyens pour redoubler de vigilance et de continuer à se conformer aux mesures préventives, surtout après l’ouverture, dès aujourd’hui, des plages et autres lieux de loisirs et de détente ainsi que des mosquées. «Il ne faut pas qu’il y ait un relâchement de la part des citoyens quant au respect des gestes barrières car tout manquement, que ce soit au niveau des plages ou des mosquées, conduira les autorités à prendre les mesures qui s’imposent contre les contrevenants», a-t-il averti.
Invité à donner son appréciation par rapport à la gestion de la crise sanitaire au vu de la situation épidémique, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins et membre du Comité scientifique, a estimé que, d’«une façon générale, on a eu une montée des cas de Covi-19 qui est explicable. Nous étions au-dessous de 200 cas par jour et, en un temps assez court, nous sommes arrivés à un nombre de cas entre 500 et 600. Ceci est dû à deux facteurs : premièrement, la hausse des cas enregistrés et annoncés est due aux dépistages PCR qui sont devenus très actifs par rapport au fait que les différentes stations de dépistage (30 à travers le territoire national), et même si elles travaillent parfois en discontinue pour différentes raisons, elles ont tout de même donné un rendement.» «Deuxièmement, ajoute Mohamed Bekkat Berkani, les chiffres qui ont augmenté sont également dus à l’effet rebond de l’après-ramadan, c’est-à-dire au déconfinement progressif qui avait donné lieu à ce type d’augmentation».
Mais ceci dit, a poursuivi notre interlocuteur à propos de la gestion de la crise sanitaire, «il faut bien comprendre que la situation de la pandémie de coronavirus en Algérie est totalement maitrisée. Il y a l’apport des autorités qui, historiquement, dès le début, ont pris des mesures dans le cadre d’une bonne gouvernance de la crise sanitaire et qui étaient à propos». Cela s’est traduit, rappelle-t-il, par la fermeture des mosquées, des universités et des écoles, la suspension des compétitions sportives, ainsi que l’arrêt des transports aérien et maritime. On a isolé et confiné l’Algérie. Il faut aussi se rappeler que parmi les mesures, l’Etat a fait en sorte de rapatrier les citoyens bloqués à l’étranger et cela s’est fait de façon organisée, c’est-à-dire les transporter par vague à la charge de l’Etat, les confiner ensuite à la charge du gouvernement afin de détecter si parmi eux il y avait ou non des cas de Covid-19, et s’assurer, ainsi, de limiter la propagation du virus au sein de la famille ou de l’entourage du rapatrié si celui-ci avait été diagnostiqué positif».
«La population de plus en plus consciente», selon Dr Berkani
La prise de conscience de la population est également soulignée par Dr Berkani. «Maintenant, le fait que le citoyen comprenne petit à petit que le port du masque est un geste qui lui permet de se protéger et de protéger les autres est quelque chose de très important. Il y a aussi le fait que l’Algérie a pu dépasser la pénurie de masques à laquelle on avait assisté au début par le double emploi des masques importés et des masques fabriqués ici, dans le pays…», a-t-il noté. L’essentiel, selon Dr Berkani, «c’est qu’on peut dire que nous sommes arrivés en Algérie à un résultat qui, franchement, fait état d’une stabilisation. A un certain moment, nous avons été surpris par un afflux auquel on ne s’attendait pas dans les structures hospitalières mais, aujourd’hui, la tension est retombée et nous avons moins de 30% des lits dédiés au Covid-19 qui sont occupés. Donc, finalement, il y a moins de pression au niveau des hôpitaux». Aujourd’hui, «il y a aussi le public qui comprend de plus en plus qu’il faut respecter un certain nombre de mesures préventives en appliquant les gestes barrières, dont le premier est le port du masque ainsi que la distanciation sociale. Ce qui a fait dire aux autorités que maintenant nous allons déconfiner de façon progressive», a résumé le président de l’Ordre des médecins.
Le respect des gestes barrières se trouve être, par ailleurs, parmi les recommandations émises lors de l’atelier dédié à «l’évaluation et la mise en œuvre des mesures de prévention contre la pandémie du Covis-19», organisé à l’occasion de la réunion gouvernement-walis.
Les participants à cet atelier ont préconisé, jeudi dernier, «le respect des mesures de prévention afin de réduire la pression sur les établissements hospitaliers» ainsi qu’une «évaluation permanente et périodique des résultats de la lutte contre le coronavirus en associant des sociologues et des psychologues». Dans le même cadre, ils ont proposé «le durcissement des mesures coercitives à l’encontre des contrevenants aux mesures préventives et des personnes aux intentions malveillantes».
L’autre proposition de l’atelier est «le classement de la pandémie de Covid-19 catastrophe naturelle et la mise en place une feuille de route de déconfinement, outre la mise en place d’un dispositif efficace de dépistage». <