La gestion de la crise sanitaire a été, comme il fallait s’y attendre, au rendez-vous de la réunion du Conseil des ministres tenue dimanche, où il a été constaté un léger mieux en matière de coordination entre les différentes strates intervenant dans cette bataille contre la propagation du nouveau coronavirus.

Sans que cette évolution ne soit, cependant, au niveau des mesures prises depuis l’apparition de la pandémie, ni des moyens mobilisés par les autorités, comme l’attestent les chiffres des contaminations quotidiennes et le nombre de décès déplorés chaque jour.
Soulignant une nouvelle fois un déficit de coordination pendant un certain temps entre les structures de santé et qui a influé «négativement» sur la gestion de la lutte contre la pandémie, le président Tebboune a indiqué que «la décentralisation de la prise de décision s’est traduite sur le terrain par une nette amélioration de cette gestion de la crise».
Mais, il s’agit désormais d’élever le niveau de l’implication citoyenne dans cette lutte contre l’épidémie, a recommandé le premier magistrat du pays, pour qui les progrès réalisés dans l’approvisionnement des structures de santé, comme toutes les mesures qui ont été prises dans la gestion du confinement des régions frappées par le nouveau Coronavirus, «ne pourraient avoir d’effets sans l’implication pleine et entière des citoyens». Cette implication des citoyens consiste à se conformer aux mesures édictées par les autorités sanitaires notamment le port du masque et de distanciation physique, seules mesures qui ont prouvé jusqu’ici leur efficacité contre la pandémie.
Par ailleurs, le Président de la République a tenu à saluer les efforts du secteur de la santé, sous pression depuis les premières semaines de la crise, ainsi que des institutions et des universités. Ces entités ont fait que d’une situation de départ, où le pays ne disposait que d’un seul centre de dépistage pour se retrouver, ensuite, avec 32 centres, allant jusqu’à 40, avec l’apport des universités, chiffres auxquels n’est parvenu aucun pays sur le continent africain, y compris des pays d’égale population qui arrivent à peine à réunir 2 centres de dépistage, lit-on dans le communiqué sanctionnant les travaux de la réunion tenue en mode visioconférence.

«Des visées occultes»
Sur un autre registre, le président Tebboune a eu des mots durs contre les attaques dont a été la cible le secteur de la santé, regrettant que les investigations des différents services de sécurité aient abouti à démontrer que nombre d’actions qui ont touché des établissements du secteur de la santé «ne visaient à rien d’autre qu’à ternir la réputation du pays et montrer qu’il était inapte à gérer la crise sanitaire». Pour M. Tebboune, il est aussi avéré qu’il s’agissait d’actions «destinées à pousser le personnel médical au désespoir, à travers de telles actions, qui sont allées jusqu’au sabotage», pointant des «mains criminelles qui se sont permis de vider et de voler des bouteilles et des citernes d’oxygène, et même de voler les corps de personnes décédées et les exposer dans la rue, juste pour faire le buzz autour de ce qu’ils veulent démontrer comme l’incapacité de l’Algérie à faire face à la pandémie».
L’on peut ainsi déduire que le président Tebboune a tenu, une énième fois, à rassurer le corps médical du soutien de l’Etat en livrant le message selon lequel, si le pays n’a pas pu avancer dans sa lutte contre la pandémie, ce n’est point la faute du corps médical engagé sur ce front, mais plutôt à cause d’un encadrement administratif et réglementaire en déphasage avec les exigences de la crise. n