Promu, il y a une quarantaine d’années, au rang de chef-lieu de wilaya, ce statut a permis à Oum El Bouaghi de connaître une extension particulière en matière d’urbanisme et de croissance de sa population passant ainsi de 14 000 habitants à plus de 80 000 actuellement .

Laquelle extension, constatée sur le terrain par des constructions et cités nouvelles, est censée normalement faire du chef-lieu de wilaya une nouvelle ville où il fait bon vivre. Mais, ce n’est pas le cas malheureusement puisque la ville accuse de nombreuses insuffisances en matière de cadre de vie et environnement, en dépit de l’ancienneté (1974) de son statut de chef-lieu de département ! En effet, le manque d’hygiène est flagrant dans les cités et quartiers, notamment les périphériques où sacs poubelles, bouteilles en plastique et de boissons alcoolisées et diverses immondices jonchent la chaussée depuis longtemps.
En l’absence de tout plan, la circulation des véhicules à l’intérieur des cités est un véritable calvaire pour les conducteurs tant les dos-d’âne et autres ralentisseurs poussent comme des champignons. Des nids-de-poule pleins d’eau en saison hivernale garnissent la chaussée constituant un véritable casse-tête pour les automobilistes.
De nombreux quartiers et cités dépourvus de l’éclairage public (au demeurant un point noir) vivent complètement dans le noir durant toute l’année, à l’exemple de la cité Malki-Harkati, El Adhwa, El Atik, l’avenue du 1er-Novembre (ouest), la cité El Amel… Les fuites d’eau récurrentes dans les cités font que de nombreuses artères et avenues ruissellent toute la journée dans l’indifférence totale des services concernés et en dépit de la médiatisation à maintes reprises (presse écrite radio, TV). En dépit de l’opération de son démantèlement, il y a quelques années, le commerce informel continue à gangrener les espaces publics et gêner ainsi la circulation routière en certains lieux et accès à certaines structures et établissements. L’absence criante d’espaces et aires de jeux pour les enfants dans la ville fait que ces derniers se rabattent sur la chaussée au risque et péril de leur vie , pour jouer au ballon et autres, afin d’atténuer l’oisiveté et l’ennui. Quant aux adolescents et autres jeunes, ils ne cessent de garnir les tables des cafés maures pour s’adonner à la chicha, cigarettes et autres en attendant des jours meilleurs. Les personnes âgées ne savent à quel saint se vouer pour se rencontrer dans un lieu idéal (jardin public, cercle et autres) pour passer le temps et se remémorer certains souvenirs lointains de jeunesse. En l’absence totale d’une farouche concurrence, voire d’une éthique commerciale digne de ce nom, le chef-lieu de wilaya demeure l’une des villes les plus chères du pays en matière de prix (fruits légumes, viandes et autres) et ne dispose même pas de centres commerciaux comme les autres villes. Pis encore, l’absence de parcs de loisirs contraint les familles à faire des centaines de kilomètres pour se procurer un moment de joie et de défoulement avec leur progéniture. Disposant d’une université de plus de 25 000 étudiants, d’une maison de la culture, d’un théâtre régional, d’une annexe du Musée du moudjahid, la ville d’Oum El Bouaghi continue à subir les méfaits d’une gestion archaïque ne reflétant en rien son envergure ni sa qualité d’image de toute la région ! Quel dommage pour une cité toute nouvelle !