L’information ne pouvait pas passer inaperçue. Pour la première fois depuis octobre 2018, les prix du pétrole ont fini, lundi 21 juin, à leur plus haut niveau. Une aubaine pour tous les pays producteurs de l’or noir, et dont, l’Algérie fait partie. Pour bien situer l’importance de cette nouvelle, le repère remonte bien avant l’«émergence» du Covid-19. Effectivement, les prix du pétrole viennent de dépasser une barre appartenant à une autre époque, certains n’hésiteront pas à dire à un autre «monde».
Donc, la «lecture» de ce rebond ne peut (et ne doit) être la même comme celle d’avant la pandémie. Depuis la fin de 2019 et le début de 2020, tout a été remué, et les changements sont toujours en cours. La nouvelle politique internationale axée sur la transition énergétique n’est pas une vue de l’esprit. Il suffit de voir l’impact des nombreux lobbies sur de nombreux pays producteurs du pétrole pour avoir une idée sur les mutations qui sont en train, concrètement, se réaliser.
Toutefois, il est également crucial de rappeler que l’or noir demeure encore, pour l’instant, prédominant dans le monde de l’énergie. Une «puissance» qui le rend indispensable dans la géopolitique internationale.
D’ailleurs cette dernière hausse des prix n’est pas due uniquement à l’augmentation de la demande. Elle est surtout en relation avec la situation interne d’un membre du top dix des principaux pays producteurs de pétrole dans le monde, l’Iran (3,19 millions de barils par jour, ce qui représente 3% de la production mondiale).
L’élection présidentielle qui s’est déroulée le 18 juin dernier a donné un nouveau «maître» à Téhéran, et son profil ne semble pas plaire à ce qui est appelé «la communauté internationale». Présenté comme un «ultraconservateur», le successeur de Hassan Rohani, en l’occurrence Ebrahim Raïssi, est annoncé déjà comme un obstacle pour la réussite des négociations sur le nucléaire iranien, qui semblaient pouvoir reprendre depuis l’installation de Joe Bident à la Maison Blanche. Et si aucune «bonne» perspective n’est au bout, l’une des conséquences sera surtout de retarder le retour de millions de barils de pétrole sur le marché. Cependant, ceux qui sont ravis de la hausse des prix ne doivent pas se faire d’illusions. Les tractations entre Téhéran et le bloc occidental (mené par les Etats-Unis) tourneront sur les avantages que chacun va récolter au final. Et l’Algérie dans «cela» ! Encore sur le fauteuil du spectateur, à observer les acteurs.