En louant, hier, sur les ondes de la radio chaine 3, le partenariat algéro-russe dans le domaine de la santé, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a touché, même si ce n’état pas son intention, un point d’une grande sensibilité. Celui d’un positionnement géopolitique engageant l’Etat. L’acquisition du Spoutnik V et le projet de production du vaccin russe en Algérie viennent renforcer des relations déjà étroites entre Alger et Moscou. La justesse de cette «connexion» entre les deux pays est d’autant renforcée de par l’ «aura» qu’est en train de gagner la Russie en ce moment.
Le récent avis favorable rendu par la revue médicale «Lancet» (appuyée par un panel d’experts indépendants) à Spoutnik V, en le jugeant efficace à 91,6%, est venue conforter les pays ayant opté pour la «solution» russe dans la lutte anti-Covid. Ils (les pays) savourent d’autant mieux cette «victoire» (tout au moins pour cette période) qu’elle a été obtenue dans des conditions bien difficiles. Il suffit de revenir quelques mois en arrière pour se rappeler l’imposante campagne médiatique lancée à partir des capitales européenne et de Washington, contre le vaccin russe accusée de tous les maux. Le temps a fait son chemin, et Moscou se retrouve en position de force, que ce soit pour les pays du sud ou ceux du nord.
Le choix de l’Algérie est devenu encore plus approprié face à l’attitude des «concurrents» de Moscou. La dernière sortie de l’UE en est la meilleure illustration. En instaurant un contrôle de l’exportation des vaccins produits au sein du bloc européen, Bruxelles a montré, encore une fois, que dans la guerre mondiale contre la Covid-19, il n’est question ni d’éthique ni d’humanisme. D’ailleurs le DG de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ne s’est pas trompé en assimilant la décision de l’UE à «un échec moral catastrophique».
Avec la pandémie, le monopole occidental, très souvent arrogant, s’effrite de plus en plus. La mutation est là. D’ailleurs le choix n’est pas uniquement du côté russe. La Chine et l’Inde sont bien placés dans cette bataille géopolitique sanitaire. Au passage, n’est-il pas intéressant de signaler que les trois pays cités plus haut sont trois membres du bloc opposé à l’OTAN, celui des BRICS…