La pénurie, les Algériens en connaissent un bout depuis longtemps, et reste encore d’actualité. Toutefois cela ne concerne pas uniquement la partie sud de la Méditerranée. Depuis quelques semaines, les Européens sont en train d’y gouter. Non, ça ne concerne pas l’eau, ni les sachets de lait. Ce genre de pénuries honteuses reste l’apanage de sphères engluées dans une gestion à l’état tiers-mondiste. L’Europe a actuellement un épineux problème d’énergie. Cela concerne surtout le gaz dont les prix actuels atteignent des niveaux record.
Une situation engendrée par la reprise de l’économie mondiale, en berne depuis le début de la propagation de la Covid-19. Le Vieux Continent se retrouve dans une délicate position, dépendant essentiellement du gaz en provenance de la Russie. Un pays avec lequel plusieurs pays occidentaux ont des relations loin d’être au beau-fixe.
Dans cette nouvelle crise de gaz, l’aspect économique n’est pas le plus important. La géopolitique est l’axe principal autour duquel tournent toutes les tractations. Si les prix du gaz ont augmenté, c’est essentiellement à cause de l’Asie, et la Chine en particulier. Cette dernière est accusée par l’Europe de «détournement» énergétique. Pékin, en mode redémarrage, et pour rattraper les pertes d’une année et demi, met le paquet sur le gaz, en l’achetant des Russes au prix fort. Moscou se retrouve ainsi en position de force. Elle remplit ses caisses en optant pour celui qui paye plus, même si c’est au détriment des clients habituels que sont les pays européens.
L’alliance Russie-Chine, déjà existante avec le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du sud), et palpable au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, est ainsi renforcée par le marché énergétique. La relance économique mondiale constatée ces dernières semaines, et l’hiver aux portes, transforment le gaz en une force de pression inestimable pour Pékin et Moscou. L’Europe commence déjà à en ressentir les conséquences sur son économie et sur la stabilité des gouvernements locaux. La tension est bien perceptible, et la partie d’échecs risque de durer et d’engendrer d’autres conséquences.