Le Nigeria réitère son engagement dans le projet du gazoduc Trans-Saharan Gas-Pipeline (TSGP). Cet engagement a été exprimé jeudi par la nouvelle ambassadrice du Nigeria en Algérie Aisha Mohammed Garba.

Par Feriel Nourine
« Nous avons réitéré l’engament du Nigeria dans ses projets avec l’Algérie », a indiqué Mme Garba, après sa réception par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à qui elle a remis ses lettres de créances l’accréditant en qualité de nouvel ambassadeur de la République fédérale du Nigeria en Algérie.
« Nos deux pays sont liés par de nombreux accords bilatéraux et multilatéraux, dont les plus importants sont la route transsaharienne, le gazoduc, et le projet de liaison par fibre optique », a-t-elle cité, notant une nouvelle fois que « la concrétisation de ces projets ouvrira de nouveaux horizons économiques qui créeront des opportunités d’emploi non seulement non seulement aux pays impliqués dans les projets, mais aussi à de nombreux pays africains voisins ».
La déclaration de la chef de la diplomatie nigériane sur le Transsaharien est intervenue quelques jours après celle du ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva.
Sollicité, à plusieurs reprises, par l’Union européenne, en prévision d’une éventuelle rupture des approvisionnements russes en gaz, M. Sylva a saisi l’occasion de la tenue du Gastech, à Milan du 5 au 8 septembre, pour tenter de rassurer Bruxelles, en mettant en avant l’apport du TSGP pour des livraisons de GNL renforcées à destination de l’Europe.
« Le Nigeria prendra bientôt la décision finale sur l’investissement pour construire l’infrastructure », a-t-il déclaré à propos du mégaprojet devant relier le Nigeria, le Niger et l’Algérie pour livrer 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.
En évoquant la question de l’investissement, l’intervenant a peut-être réussi à convaincre une UE en quête urgente d’alternative au gaz russe à contribuer auprès de son pays dans ce projet, et, partant, à provoquer son entame dans les meilleurs délais. Si les choses devaient se produire de la sorte, l’Algérie est prête à assumer pleinement la parie du gazoduc qui passe par son territoire.
Mieux, il pourra compter sur les opportunités offertes par Sonatrach en termes d’infrastructures, notamment le réseau de transports, les groupes de gaz naturel liquéfié (GNL) et les infrastructures de pétrochimie ainsi que la position géographique proche des marchés de gaz.
Après des mois de concertation, l’Algérie, le Niger et le Nigeria ont signé, le 28 juillet à Alger, un mémorandum d’entente pour concrétiser le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) long de plus de 4 000 km qui permettra d’acheminer du gaz nigérian vers l’Europe.
Après avoir été relancé, le projet de la mégastructure gazière de 4000 km, est en train de donner de signes encouragent sur sa voie vers la concrétisation. Notamment avec le mémorandum par les ministres de l’Energie des trois pays, à Alger, le 28 juillet dernier
Un document visant à « aller de l’avant » dans la réalisation du TSGP, avait indiqué le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, expliquant que sa signature signifie la poursuite de la mise en œuvre de tous les programmes tracés pour la réalisation du projet, notamment l’élaboration des études et des différents aspects liés à la réalisation, a-t-il dit, ajoutant que « les trois pays ont convenu de faire aboutir le projet dans un court délai ».
Estimé à 10 milliards de dollars à son lancement en 2009, le coût d’investissement de ce projet est passé à 13 mds us.
D’une longueur de 4.128 km, dont 1.037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2.310 km en Algérie, il reliera les champs gaziers du Nigeria (à partir de Wari sur le fleuve du Niger) à la frontière algérienne, pour se raccorder au réseau algérien et écouler la production gazière du Nigeria en Europe. Celle-ci est estimée à 30 milliards de mètres cubes dans une première étape.
La réactivation du TGSP intervient dans une conjoncture de marché énergétique mondial qui favorise amplement ce type d’opération offrant une alternative au gaz russe pour des pays européens qui ne veulent plus en dépendre.
Autrement dit, sa concrétisation permettra de générer des gains financiers conséquents pour les trois pays que sont l’Algérie, le Nigeria et le Niger, mais aussi de provoquer un sursaut économique dans d’autres pays du continent, notamment ceux dont le territoire sera traversé par ce gazoduc.