L’armée de l’air israélienne a bombardé dans la nuit de samedi à dimanche des cibles du Hamas dans la bande de Gaza. Le ministère de la Défense israélien, qui contrôle les points de passage vers l’enclave palestinienne, a par ailleurs annoncé la suspension des livraisons de ciment à l’enclave palestinienne et la suppression « jusqu’à nouvel ordre » de 500 permis d’entrée commerciaux en Israël, depuis l’enclave.

Depuis l’annonce mardi par le président américain Donald Trump de son plan pour un règlement du conflit israélo-palestinien, des roquettes, obus et ballons incendiaires ont été tirés quasi-quotidiennement depuis la bande de Gaza sur des secteurs du sud d’Israël, limitrophes de la bande de Gaza, provoquant des ripostes israéliennes. Les frappes israéliennes ont été menées dans la nuit de samedi à dimanche par « des avions et des hélicoptères de combat qui ont visé des cibles terroristes du Hamas dans le nord de la bande de Gaza », selon un communiqué de l’armée. Parmi ces cibles figure « une infrastructure souterraine (…) comprenant un bâtiment utilisé comme salle d’opérations », précise le texte. Ces frappes n’ont pas fait de victime, selon des sources de sécurité du Hamas, le mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza. « Les livraisons de ciment seront suspendues et 500 permis d’entrée commerciaux en Israël (depuis la bande de Gaza) seront supprimés jusqu’à nouvel ordre (…) en raison des tirs continus de roquettes et des lancements de ballons incendiaires depuis la bande de Gaza », a par ailleurs indiqué le Cogat, l’organe israélien, dépendant du ministère de la Défense, chargé des opérations civiles dans les Territoires palestiniens. Les Palestiniens ont rejeté le plan américain qui prévoit entre autres l’annexion par Israël de vastes régions de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Hier, des dizaines de Libanais et de réfugiés palestiniens ont manifesté près de l’ambassade américaine au Liban pour dénoncer « l’accord de la honte ». Brandissant des drapeaux palestiniens ou du parti communiste, les manifestants se sont rassemblés sur une avenue menant à l’ambassade, bouclée par des fils barbelés et un barrage de la police anti-émeute, dans la localité d’Awkar au nord de Beyrouth. Les manifestants ont tenté d’enlever les barbelés, sans provoquer d’accrochages majeurs, selon les agences de presse. « Pas de légitimité pour l’occupant », « ni négociation, ni dialogue », « l’accord du siècle ne passera pas », ont scandé les protestataires, fustigeant les Etats-Unis et Israël. L’appel à manifester qui a circulé sur les réseaux sociaux au Liban dénonçait « l’accord de la honte annoncé par l’administration américaine ». » Nous n’allons pas accepter de céder notre terre », a martelé une réfugiée palestinienne venue de la région de la Bekaa (est). Au total, plus de 174.000 Palestiniens vivent au Liban, selon un recensement des autorités dévoilé fin 2017. Un chiffre bien plus faible que les estimations circulant dans le pays, qui vont parfois jusqu’à 500.000. Les premières vagues de réfugiés remontent à 1948, année de la création de l’Etat d’Israël. La plupart d’entre eux vivent dans le dénuement, dans des camps devenus au fil des décennies des quartiers populaires aux infrastructures en déliquescence.n