Par Feriel Nourine
Déjà réduites à 20%, les livraisons de gaz russe à l’Europe via le Nord Stream seront interrompues du 31 août au 2 septembre, a annoncé Gazprom dans un communiqué. Le groupe énergétique russe justifie cette décision par des travaux de maintenance. C’est la seconde opération du genre opérée en quelques semaines sur ce canal d’acheminement dont dépend une bonne partie des approvisionnements en gaz russe de l’Europe.
«Le 31 août 2022, la seule unité de compression de gaz Trent 60 sera arrêtée pendant trois jours pour maintenance» à laquelle participeront des techniciens de Siemens, a déclaré Gazprom dans un communiqué. Par conséquent, «le transport du gaz par le gazoduc Nord Stream sera suspendu pendant trois jours», a-t-il poursuivi, affirmant qu’une maintenance des équipements était «nécessaire toutes les 1 000 heures» de fonctionnement. A l’issue de cette période, les livraisons reprendront avec un débit de 33 millions de mètres cubes de gaz par jour, a-t-il précisé. «A l’issue de ces travaux et en l’absence de dysfonctionnements techniques, les livraisons de gaz seront rétablies à un niveau de 33 millions de m3 de gaz par jour», a expliqué la même source.
Une annonce qui empêche les pays européens, alimentés par le Nord Stream, de constituer leurs stocks et les expose davantage au risque d’une pénurie de gaz l’hiver prochain.
Sur le marché, la décision de Gazprom a eu pour effet de hausser davantage le prix du gaz européen. Celui du contrat à terme du TTF néerlandais a atteint, vendredi, 257,40 euros le mégawattheure (MWh), du jamais vu en fin de séance. Côté pétrole, les prix ont marqué des points en fin de semaine, mais l’ont terminé nettement en-deçà des 100 dollars le baril. Vendredi, à la fermeture, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a clôturé à 96,72 dollars, après avoir grappillé 0,13%.
Quant à l’américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en septembre, il a gagné 0,29%, à 90,77 dollars. Mardi, la référence américaine était descendue à son plus bas depuis près de 7 mois, soit avant l’invasion de l’Ukraine.
Des analystes attribuent le rebond des cours de l’or noir à la décision de Gazprom. «A mesure que les prix montent, les raffineurs et les centrales vont se tourner vers les produits raffinés», pour faire tourner leurs installations, quand cela est possible, «parce que c’est vraiment moins cher que d’acheter du gaz naturel», relèvent-ils, estimant que ceci va peser sur les prix du pétrole et de ses dérivés. Concernant l’offre, le marché a prêté attention aux déclarations du nouveau Secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Koweïtien Haitham Al-Ghais, selon lequel le groupe n’exclut rien pour sa réunion du 5 septembre, y compris une réduction de sa production.
Quant aux négociations sur le nucléaire iranien, «le marché avait commencé à intégrer la possibilité d’un accord, mais le manque de nouvelles informations a rendu les traders plus sceptiques», relèvent encore des acteurs du marché.
L’Union européenne et les Etats-Unis étudient, depuis mardi, la réponse de l’Iran au document soumis par l’UE, qui fait l’objet de plusieurs réserves de Téhéran. Rien n’a filtré depuis.
«La prochaine nouvelle» relative à ces négociations «dictera la direction des prix du pétrole», selon des analystes. n