Après avoir touché le fond du puits en avril dernier, les prix du pétrole effectuent depuis le début de mai une remontée fort appréciable qui se vérifie de semaine en semaine sur les marchés londonien et newyorkais. Mieux encore, la tendance haussière qui sert d’évolution à l’or noir a même mené, hier, les cours à leurs plus hauts niveaux depuis le mois de mars.
Certes, plusieurs facteurs peuvent être cités pour expliquer cette progression, notamment dans le cas des prix affichés ce premier mercredi d’août, sous l’effet du recul des stocks de brut et d’essence aux Etats-Unis. Néanmoins, c’est sans doute à la coopération dont font preuve l’Opep et ses partenaires, ces derniers mois, que le marché pétrolier doit en premier lieu son retour de loin.
Organe de régulation d’un marché au bord de l’asphyxie au printemps dernier, sous l’effet des mesures sanitaires induites par la pandémie de la Covid-19, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a su réagir au dernier moment pour convaincre dans ses rangs, d’abord, et dans ceux de ses partenaires, ensuite, de l’utilité d’une union qui ferait sortir le pétrole de son marasme. Créée depuis déjà 60 ans, l’Opep a déjà vu des situations de crise et n’est pas à sa première expérience du genre dans le cadre de la régularisation des prix. C’est, en fait, grâce à cette expérience que l’organisation a su attirer ses partenaires, et d’autres pays aussi, vers l’accord de réduction massive conclu en avril dernier.
Au-delà des paramètres, économiques et géopolitiques, entre autres, qui peuvent influer sur l’évolution du marché pétrolier, c’est d’abord l’accord Opep+ qui sert de stratégie de riposte à cette conjoncture toujours marquée par la propagation du virus, maintenant en éveil les craintes des investisseurs et influant donc sur la demande.
Il reste toutefois que si le marché pétrolier peut compter sur la stratégie de coopération de ses producteurs, le cas est loin d’être identique lorsqu’il s’agit de coopération autour du marché du gaz. Ce sont bien les mêmes pays membres de l’Opep, ou de l’Opep+, qui produisent le gaz naturel, mais leur coopération en la matière reste insignifiante, quand bien même ils prétendent être regroupés autour du Forum des pays exportateurs, créé en 2001 avec l’objectif d’aider ses membres à anticiper les évolutions du marché du gaz naturel, et développer l’exploitation des ressources dans les meilleures conditions financières, économiques et environnementales.
Ce forum peut faire beaucoup plus que ce qu’il a fait à ce jour. C’est pourquoi, le ministre de l’Energie profite de la réunion prochaine de ses membres, à Alger, pour relancer l’idée de création d’une « Opep du gaz »