Par Feriel Nourine
Le prix du gaz poursuivait hier sa montée. Au premier jour des nouvelles réductions opérées par gazprom sur le Nord Stream, le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, valait 218,130 euros le mégawattheure (MWh), soit une progression de 9,11% et des niveaux qui n’avaient pas été atteint depuis le 08 mars. Depuis le début de la semaine, le prix du gaz a augmenté de 35%, porté par la tension qui règne parmi les pays de l’Union européenne face aux restrictions de l’offre opérées par le fournisseur russe. Les craintes d’une pénurie de gaz durant l’hiver prochain se justifient chaque jour dans un marché fortement perturbé et où les alternatives aux grosses importations de Russie s’avèrent impossible à trouver actuellement pour les pays consommateurs de l’Union. Lundi, Gazprom a annoncé qu’il allait encore diviser par deux ses livraisons via Nord Stream, invoquant une nouvelle opération de maintenance sur une turbine, après celle effectuée entre le 11 et 21 juillet courant.(Suite en page 4)

Ces nouvelles restrictions ont mis les Vingt-sept de l’UE au pied du mur, et leurs ministres de l’Energie réunis mardi, se sont résignés à accepter la proposition de la Commission européenne portant sur une réduction par chacun de ces pays de sa consommation gazière. Le plan prévoit qu’entre août 2022 et mars 2023, des coupes de 15% soit opérée par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur la même période.
Mais l’accord de mardi prévoit que l’objectif de réduction sera adapté aux réalités de chaque pays, notamment aux capacités d’exporter les quantités de gaz économisées aux pays dans le besoin, grâce à une série d’exemptions.
Hausse des prix du gaz, mais aussi ceux du pétrole qui reprennent du poil de la bête depuis le début de la semaine. Hier, l’or noir est passé dans le vert après avoir engrangé des gains importants.
En fin d’après-midi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre s’affichait à 106,56 dollars le baril sur l’InterContinentalExchange, après avoir progressé de 1,78%.
A New York, le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois bondissait de 2,92% à 97,27 dollars le baril.
« Le spectre d’une pénurie d’approvisionnement découlant des limites imposées par la Russie aux livraisons de gaz en Europe » contribue à renforcer le potentiel de hausse du pétrole, explique-t-on du côté des analystes.
Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a jeté mardi « un froid sur tout optimisme économique persistant », note-t-on.
La croissance mondiale n’est quant à elle plus attendue qu’à 3,2% en 2022, soit 0,4 point de moins que ce qui était anticipé en avril.
Mais pour les échanges d’hier, ce sont surtout les chiffres publiés, dans l’après-midi, par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) sur les réserves des Etats-Unis qui ont provoqué le bond des cours.
Des chiffres qui font état d’une baisse plus forte que prévu la semaine dernière, soit 4,5 millions de barils alors que les analystes s’attendaient à un repli d’1,5 million. Ils se montent à 422,1 millions de barils, de 6% en dessous de la moyenne ces cinq dernières années.
Les réserves d’essence ont aussi reculé fortement de 3,3 millions de barils contre des attentes d’une diminution d’1 million. Celles de produits distillés (fioul, gasoil) se sont repliées de 800.000 barils contre – 500.000 prévus par les analystes.