Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a assuré, hier, que l’Algérie remplit totalement son contrat d’approvisionnement de son pays en gaz et qu’il n’y a aucune pénurie à signaler, de l’avis même des responsables des compagnies espagnoles partenaires de Sonatrach.

Par Hakim Ould Mohamed
«L’approvisionnement en gaz algérien est totalement garanti. Dans les discussions que j’ai eues avec les compagnies gazières espagnoles, ils l’ont confirmé. A aucun moment il n’y a eu de pénurie de gaz et cela ne se produira pas non plus», a affirmé le chef de la diplomatie espagnole dans une interview accordée au journal espagnol El Diario. Une déclaration qui sonne telle une mise au point envoyée à certaines parties ne cessant d’alimenter la polémique, invoquant d’éventuels retards dans les livraisons de gaz algérien à destination de l’Espagne via le Medgaz. La décision d’Alger de ne pas renouveler le contrat d’approvisionnement de l’Espagne en gaz via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) a fait couler beaucoup d’encre en Espagne comme au Maroc, quant aux capacités de l’Algérie à remplir ses contrats en approvisionnant la péninsule Ibérique via le Medgaz seulement, dont la capacité de transport est de 8 milliards de mètres cubes par an, alors que le contrat conclu avec les compagnies espagnoles de distribution de gaz porte sur un approvisionnement de 13 milliards de mètres cubes, selon des médias espagnols.
Les déclarations du ministre espagnol des Affaires étrangères sont venues ainsi démentir les allégations selon lesquelles l’Algérie ne disposait pas d’assez de capacités pour remplir son contrat de fourniture de gaz à l’Espagne. Bien avant lui, certains organismes espagnols ont fourni des chiffres qui montrent que l’Algérie a renforcé davantage sa position de principal fournisseur de l’Espagne en gaz à l’issue du précédent exercice. En effet, selon les données communiquées par Enagás aux médias espagnols, les importations espagnoles de gaz ont atteint 416 685 gigawattheures (GWh), dont l’Algérie a fourni 42,7%, soit près de 178 000 GWh. Un volume de 154 565 GWh de gaz a été acheminé par gazoduc et 23 425 GWh sous forme de GNL.
En revanche, les Etats-Unis, deuxième fournisseur de l’Espagne, ont fourni 59 870 GWh, soit 14,4% des besoins espagnols, alors que le troisième fournisseur, le Nigeria, avec 47 690 GWh. La Russie est arrivée en quatrième position avec 8,7%, suivie par la France (7,7%), le Qatar (6,3%) et le reste 8,8%. L’Algérie dispose encore d’importantes marges afin de renforcer sa position sur la péninsule Ibérique, puisque l’option d’importation de GNL depuis les Etats-Unis est jugée comme étant une perspective non viable sur le long terme. En effet, alors que de plus en plus de flottilles de GNL sont expédiées par les Etats-Unis vers l’Europe pour compenser la baisse des flux russes, les Européens eux-mêmes estiment que le Vieux Continent pourrait ne pas pouvoir compter longtemps sur l’arrivée de cargaisons de GNL américain si la demande asiatique venait à reprendre vigoureusement. Ainsi, le GNL américain, dont les quantités acheminées à destination de l’Europe ont fortement augmenté depuis la mi-décembre, est loin d’être une menace pour l’Algérie dont les approvisionnements de l’Espagne ont triplé au second semestre de 2021. Selon le patron de Sonatrach, qui a donné une interview récemment à la chaîne internationale Alg24news, son groupe devrait mettre en service, durant ce mois de janvier, le 4e turbocompresseur du gazoduc Medgaz. La mise en service de ce turbocompresseur permettra à l’Algérie de porter les capacités du Medgaz à 10 milliards m3, contre 8 milliards m3 actuellement. Le PDG de Sonatrach a assuré à la même occasion que «l’Algérie a pu, à travers Sonatrach, honorer tous ses engagements contractuels avec la partie espagnole, via le gazoduc Medgaz à lui seul, sans le moindre problème». Le patron de la diplomatie espagnole vient de le confirmer, démentant ainsi les allégations de l’existence d’un problème d’approvisionnement de son pays en gaz algérien. n