La compagnie pétrolière nationale est en train d’exercer la pression sur ses équipes opérationnelles pour accélérer la mise en service des nouveaux gisements de gaz, en particulier ceux du Sud-Ouest, le champ d’Isarène et l’achèvement des travaux concernant le gisement de Tinrhert. Relever le défi de la production et dégager des quantités supplémentaires de ce produit énergétique vers l’Europe passent par cette voie.

Par Khaled Remouche
Sonatrach fait face à un véritable défi, augmenter sa production de gaz afin de dégager des quantités supplémentaires de ce produit fossile vers l’Europe pour contribuer à la diversification des sources d’approvisionnement énergétique de l’Union européenne et profiter de la flambée des prix du gaz sur les marchés internationaux. A court terme, l’une des voies principales pour parvenir à cet objectif est la mise en service des nouveaux gisements dans des délais très rapides. Actuellement, la direction de Sonatrach est en train de mettre la pression sur les équipes amont pour extraire les premiers mètres cubes de gaz des champs du sud-ouest Hassi Ba Hammou et Hassi Mouina, d’Isarène et sur Petrofac, la société de service, pour achever les travaux de développement des champs de Tinrhert, partie Alrar, a-t-on appris d’une source sûre proche de Sonatrach.
Au rythme des travaux actuels, Sonatrach pourra mettre en service les trois champs en 2023. Il faut savoir que les gisements du sud-ouest seront livrés en trois phases, d’une production de 3,5 millions de mètres cubes/jour chacune, ce qui donne un volume de 3 milliards de mètres cubes/an. Le second gisement, développé en partenariat avec Petroceltic, a été repris par Sonatrach. Il est prévu sa mise en service en 2023 pour une production de 3 milliards/an. La plus importante production proviendra de l’achèvement des travaux concernant les champs de gaz de Tinrhert avec une production supplémentaire de plus de 3 milliards de mètres cubes/an de la partie lot Alrar. La partie lot Ohanet a été achevée en 2020 avec une production de 3 milliards de mètres cubes/an. Au total, Sonatrach pourrait disposer d’une production supplémentaire en moyenne au minimum de 9 milliards de mètres cubes/an en 2023. Ce qui est loin d’être négligeable. Il faut également compter sur les productions de gaz en fast track (production dans des délais rapides) des gisements de Zemlet El Arbi Ourhoud II et Sif-Fatima en partenariat avec l’ENI. La question est de savoir si la production de gaz sur ces gisements sera importante ou non et si les premiers mètres cubes de gaz de ces trois gisements seront extraits avant la fin de l’année. Le défi pour Sonatrach est de dégager – ce qui a été annoncé par la compagnie pétrolière nationale – 6 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaire pour l’Italie avant la fin de l’année. Pour Sonatrach, 3 milliards de mètres cubes viendraient de la découverte de Hassi R’Mel qui sera mise en production en novembre prochain. Il faudra vérifier si tout sera prêt au moment opportun. La seconde voie pour relever ce défi est l’optimisation de la production de gaz naturel liquéfié. Selon un spécialiste pétrolier, des travaux de maintenance et d’optimisation de la production des complexes GL 1 Z et GL 2 Z ainsi que les plus récents GL 3 et celui de Skikda pourraient libérer 3 milliards de mètres cubes/an de GNL supplémentaires minimum à l’export. La troisième voie est l’optimisation de la production des gisements de gaz en exploitation. N’oublions pas que tous ces efforts seront vains si la tendance à la hausse de la consommation domestique de gaz n’est pas freinée. L’Algérie devra surveiller donc comme le pot de lait sur le feu l’application du programme de rationalisation de la consommation énergétique et des économies d’énergie, de développement des énergies renouvelables si elle veut que ses exportations de gaz augmentent et de ce fait ses revenus en devises tirées des hydrocarbures. n