Le gouvernement libyen d’union (GNA) a dénoncé, hier dimanche, dans un communiqué l’annonce cette semaine à Tripoli de la formation d’une coalition de groupes armés baptisée «Garde nationale», y voyant une tentative de créer «un organe de sécurité parallèle».

Jeudi dernier, des groupes armés venus essentiellement de la ville de Misrata dans l’ouest libyen ont annoncé la création d’une «Garde nationale libyenne» qui aurait pour mission selon eux, de combattre le groupe Etat islamique, de sécuriser les institutions de l’Etat, les missions diplomatiques, et les ressortissants étrangers. Ces groupes n’avaient pas précisé si cette «Garde nationale» appuyait ou pas le GNA, seul exécutif reconnu et soutenu par l’ONU et les pays occidentaux. Mais selon des sources locales, plusieurs des milices qui la composent seraient loyales à Khalifa Ghweil, un ancien dirigeant qui avait autoproclamé en 2014 à Tripoli un «gouvernement de salut national» et n’avait ensuite pas voulu reconnaître le GNA quand ce dernier s’était installé dans la capitale en 2016.
L’apparition de cette «Garde nationale libyenne» intervient dans un contexte saturé d’informations et de rumeurs sur une prochaine recomposition du gouvernement d’union nationale et l’arrivée présumée au poste de la Défense du maréchal Haftar ou d’avoir tout au moins un poste de responsabilité dans ce secteur avec la garantie, pour Tripoli, d’obtenir l’adhésion du parlement de Tobrouk qui n’en reconnaît pas le pouvoir pour l’instant. Vendredi dernier, les États-Unis avaient exprimé leur «inquiétude» après l’entrée de ces groupes dans la capitale libyenne, y voyant un «risque de déstabiliser davantage la sécurité déjà fragile», selon un communiqué du département d’Etat.
«Nous soulignons que ce groupe et ceux qui l’appuient sont considérés comme hors-la-loi et n’ont aucun statut. Et ils vont être traités de la sorte par les organes sécuritaires et judiciaires», a prévenu le GNA dans son communiqué. Le gouvernement voit dans l’annonce de la nouvelle coalition une «tentative de former un corps parallèle à la Garde présidentielle». Il y voit aussi une tentative «de faire entrer la capitale dans un conflit armé sanguinaire».
Si elle est confirmée, la formation d’une telle coalition de groupes armés hostiles au GNA pourrait affaiblir encore plus cet exécutif qui n’arrive toujours pas à asseoir son autorité dans l’ensemble du pays ni même dans la capitale.