Le nouveau président Adama Barrow, attendu dans son pays depuis le départ en exil de Yahya Jammeh, devrait gagner la capitale Banjul aujourd’hui dans l’après-midi. Accueilli au Sénégal depuis le 15 janvier à la demande de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui craignait pour sa vie durant les derniers jours du mandat de M. Jammeh, M. Barrow différait jusque-là son retour, invoquant des craintes persistantes pour sa sécurité.

A moins d’un changement de dernière minute, il devrait rentrer dans son pays et prendre ses fonctions dès ce soir. Vainqueur de l’élection présidentielle du 1er décembre face à Yahya Jammeh – qui avait initialement reconnu sa défaite avant de se raviser le 9 décembre déclenchant une crise de six semaines -, Adama Barrow a prêté serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie à Dakar. Il n’est plus apparu, ni ne s’est exprimé en public depuis à l’adresse de son peuple, à part une série d’interviews accordées à des médias locaux et internationaux à Dakar. A Banjul, une responsable de la coalition qui a porté M. Barrow au pouvoir, a salué cette nouvelle «exaltante». «Il est important qu’il vienne pour éviter le vide» du pouvoir, a-t-elle déclaré à l’AFP. La Gambie, petit pays anglophone totalement enclavé dans le Sénégal, à l’exception d’une étroite façade côtière prisée des touristes, était dirigée d’une main de fer pendant 22 ans par Yahya Jammeh, un ancien militaire. Le départ de M. Jammeh a favorisé le retour de milliers de personnes qui avaient fui le pays par crainte de troubles ou de combats. Jusqu’à lundi, au moins 8 000 d’entre elles étaient rentrées et «les mouvements de retour se poursuivent», selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) hier mardi.