Surprenant, en perpétuelle exploration de nouveaux univers artistiques où la palette se libère pour conter l’humain, Arezki Larbi réussit encore une fois à envouter les regards et interpeller l’esprit avec la découverte de ses nouvelles œuvres réunies dans l’exposition intitulée «Alter Ego» visible jusqu’au 10 décembre prochain à la galerie d’art d’El Achour, l’Espaco.

L’Exposition «Alter Ego», entièrement dédiée au travail de l’artiste Arezki Larbi met en avant plus de soixante-dix portraits réalisés au crayon, fusain, à la craie d’art ou encore à l’encre de chine, est visible jusqu’au 10 décembre prochain par la galerie « Espaco » d’Al Achour. A l’occasion du vernissage qui s’est déroulé samedi dernier, en présence de plusieurs dizaines de visiteurs, dont bon nombre de figures de la scène culturelle, Arezki Larbi nous confie que la particularité de ce rendez-vous et des œuvres exposées, c’est qu’elles sont dédiées, explique-t-il, à un «ami disparu».
En effet, l’exposition pourrait même être considérée comme un hommage à plusieurs amis de l’artiste, dont le point d’orgue est l’une des installations au centre de l’espace de la galerie, mettant en avant les portraits de Salah Hioun, Djamel Allam et Abdelwahab Mokrani, tous trois disparus au cours des dernières années. Arezki Larbi, aujourd’hui, considéré comme l’un des doyens de l’art contemporain algérien, nous précise à ce titre : «Oui, c’est aussi une façon de leur dédier cette exposition. Et il y a tant d’autres qui nous ont également quittés.» Le travail artistique revêt également une touche particulière en ce qui concerne sa réalisation, montrant ainsi au public une série de portraits à la fois différents, réalisés au moyen de techniques variées, mais également proches dans leur forme générale. L’artiste nous fait savoir que ces dessins n’étaient pas, au départ, destinés à être exposés. En expliquant que «les œuvres que l’on présente ici n’étaient pas destinées à une exposition. Je travaillais, sans me soucier du temps que cela prendrait, sur une promesse faite à un ami que j’ai perdu de réaliser mille dessins. Ce sont des amis qui ont vu les œuvres qui m’ont poussé à réaliser une exposition reprenant certains portraits». Il nous souligne également à propos du concept des portraits de l’exposition «Alter Ego » qu’«il s’agit de plusieurs techniques. Les peintures exposées ont été réalisées avec l’idée du croquis alors que le croquis est généralement perçu comme des notes pour arriver à une œuvre. La démarche est donc inversée, l’acte initial est ici une finalité, l’œuvre en elle-même». Cette exposition ne reprenant qu’une petite partie de cette promesse de «mille dessins», Arezki Larbi nous assure qu’il poursuit cette démarche en estimant que «mille est un chiffre particulier. C’est à la fois beaucoup, mais aussi une stimulation pour moi pour me rappeler à chaque lieu, à chaque voyage, à chaque fois que je travaille sur un papier un support différent». Par ailleurs, le commissaire de l’exposition, l’artiste et écrivain Jaoudet Gassouma, notera que ce rendez-vous est également une étape notable dans la carrière de l’artiste. Ajoutant dans sa présentation qu’Arezki Larbi «a marqué les années 1970, 1980 et même 2000 par une présence régulière par le nombre d’événements, d’idées, d’attitudes conceptuelles qui bouillonnent dans son esprit turbulent. Il a longuement été présent un peu partout où quelque chose était en gestation, culture, politique, actions culturelles, expositions, avec ce dénominateur commun, artistique en premier lieu, il a toujours été là pour les autres». Jaoudet Gassouma souligne également à propos de l’exposition baptisée «Alter Ego», où Arezki Larbi explore l’autre moi, la ressemblance avec les autres et la correspondance qu’ «il continue ses introspections sur quelques quatre-vingt pistes dessinées, peintes, entreprises dans un art subtil quasiment minimaliste. Son travail, souvent très graphique, laisse une impression de graphies qui semblent timides, elles traduisent en fait d’une profonde réflexion philosophique sur la vie, son départ et ses arrivées».