Le Sous-marin, qui fonctionne désormais comme galerie d’exposition, dispose d’autres espaces en cours d’aménagement pour accueillir un café littéraire, un studio de post production cinématographique et un espace de projections et de rencontres.

Ce nouvel espace vise à offrir un lieu culturel de proximité dans la capitale, ouvert sur tous les arts et dont la vocation est d’abriter des projets artistiques novateurs et des ateliers de formation accessibles à un large public, indique l’un des initiateurs du projet, Yacine Teguia. Si la partie galerie a déjà été inaugurée, les initiateurs travaillent actuellement, en collaboration avec des artistes de l’Ecole des beaux-arts et des architectes, afin d’aménager les extensions de cet espace. Kader Farès Affak, à l’origine de l’initiative, et lui-même militant du Mouvement démocratique et social (MDS) et artiste, précise : «Notre but est de créer une interaction entre l’art et le citoyen, un espace d’échange sans barrières, sans hiérarchie ou statut. Il faut permettre à chacun de partager sa vision sur le monde qui l’entoure, l’artiste par ses œuvres et le citoyen par ses interrogations ou ses aspirations. Un parti politique organise en moyenne une activité par mois, il est dommage que ces espaces ne soient pas utilisés le reste du temps et ne soient pas mis à la disposition d’artistes ou d’intellectuels». Kader Fares Affak nous précise également que le rapprochement qui peut paraître inhabituel chez nous entre un parti politique et l’expression culturelle et artistique demeure faisable. «Il faut savoir que plus de 60% de la direction actuelle du MDS sont constitués de personnalités de l’art et de la culture, à l’image de Yacine Teguia, producteur de cinéma, Ouahid Benhalla, réalisateur, ou moi-même, qui suis acteur. Ce rapport avec la culture n’est pas étranger au MDS, héritier des mouvements Ettahadi et PAGS, de Bachir Hadj Ali, d’El Hachemi Chérif… Autant d’artistes qui ont été militants du PAGS. C’est dans cette continuité que nous avons imaginé cet espace». Question exposition, El Moustach propose des portraits décalés et réactualisés, réalisés sur ordinateur, de célèbres artistes algériens comme Amar Ezzahi, Kamel Messaoudi, El Hachemi Guerouabi, Himoud Brahimi, ou encore Othmane Bali. Outre ces figures de la musique algérienne, l’artiste a tenu à rendre hommage à sa manière aux hommes de culture assassinés lors de la décennie noire, à l’instar de l’écrivain, poète et journaliste Tahar Djaout, de l’homme de théâtre Abdelkader Alloula, ou des chanteurs Hasni Chakroun et Lounès Matoub. El Moustach rend également hommage à plusieurs personnalités historiques comme Hassiba Ben Bouali, Ali Ammar, Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad, ou encore Mohamed Boudiaf. Des portraits basés sur des photos connues et présentées avec une touche contemporaine propre à l’artiste. A la croisée des chemins entre la bande dessinée, la peinture et le dessin sur ordinateur, l’artiste a également réalisé des affiches de spectacles ou des illustrations pour des campagnes de sensibilisation à la protection de l’environnement ou à la réhabilitation de la valeur du travail dans la société.