Ils étaient des centaines à se bousculer,  samedi après-midi, au siège national du Mouvement démocratique et social (MDS). Et pour cause, ce jour coïncidait avec la clôture de la première exposition d’El Moustach, au sein de la galerie d’art le «Sous-Marin». 

C’était également l’occasion pour prendre part à un mini-concert assuré par plusieurs noms de la scène pop rap algérienne mais également à une lecture des nouvelles œuvres de l`auteur Mustapha Benfodil. Il faut dire que le public, composé d’artistes et de militants, était plus que conquis. C’est le cas de Serdas, un des membres du collectif Likip, qui nous a affirmé que «ces initiatives qui voient le jour aujourd’hui sont les dignes héritières de Nedjma, de Kateb Yacine, surtout qu’elles sont portées par une jeunesse qui affirme de plus en plus son identité artistique algérienne loin de toute influence occidentaliste ou orientaliste». Le Sous-Marin a ouvert ses portes le 30 décembre dernier par l’exposition du graphiste «El Moustach», une des figures emblématiques de cette jeune scène entre le 2.0 et le Streets-Art. Le jeune artiste qui ne quitte jamais sa fine moustache et son chèche, porté à la manière populaire, a «peint» les murs d’un blanc immaculé de la galerie avec une expo intitulée «Intadj wa Intadjia». Artiste activiste, El Moustach offre aux visiteurs de la galerie des portraits de grandes figures de la Révolution algérienne et d’autres qui ont marqué le siècle dernier, tels que les héros de western, ou encore les grands artistes algériens, aux couleurs acidulées, entourés de signes maghrébins, amazigh et africains. A cet effet, il nous dira : «Quand j’utilise les événements historiques, les héros de notre histoire, ou encore les symboles maghrébins, c’est dans le but de créer de la matière visuelle pour se réapproprier notre histoire». Très attiré par l’aspect visuel de ses créations, El Moustach glisse également dans la critique politique et sociale aiguë, avec des caricatures hilarantes de personnalités politiques actuelles. Son engagement en faveur des arts populaires est plus féroce. D’ailleurs, il s’est fait connaître grâce à des détournements de mots en «dardja». Pour la clôture de l’exposition, les organisateurs ont produit plusieurs artistes sur la scène, à l’instar des frères Bouchakour, du rappeur Diaz, ou encore de Meziane Abane, rappeur en langue tamazigh. Pour Farid Belhoul, plus connu sous le nom de Diaz, «cette énergie est positive. Ce genre d’évènement permet aux artistes de garder le contact avec d’autres mais également d’évoluer dans la complémentarité, les uns les autres.»n