Après avoir plaidé, dans son précédent discours à Oran, la nécessité d’enclencher les préparatifs du scrutin présidentiel, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a fixé, hier, le cap de l’échéance à laquelle tenait aussi bien l’institution militaire que la présidence de la République au nom du respect de l’ordre constitutionnel.

Le vice-ministre a ainsi soutenu, au premier jour de sa visite de travail et d’inspection en 4e Région militaire à Ouargla, qu’il est « opportun » à ce que le corps électoral soit convoqué le 15 septembre, ce qui équivaudrait à la tenue du scrutin avant la fin de l’année. «J’avais abordé lors de ma précédente intervention la priorité d’entamer sérieusement la préparation de l’élection présidentielle dans les quelques semaines à venir, et je confirme, aujourd’hui, et partant de nos missions et prérogatives, ainsi que de notre respect de la Constitution et des lois de la République, que nous considérons qu’il est opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre courant, et que les élections puissent se tenir dans les délais fixés par la loi, des délais raisonnables et acceptables qui répondent à une revendication populaire insistante », a-t-il affirmé. Et en perspective d’accélérer l’organisation de la présidentielle, Gaïd Salah a appelé à installer « rapidement » l’Instance nationale indépendante pour la préparation, l’organisation et la surveillance des élections, qui supervisera toutes les étapes du processus électoral. Il a relevé que cela « requiert également la révision de quelques textes de la loi électorale pour s’adapter aux exigences de la situation actuelle et non pas une révision totale et profonde qui toucherait tous les textes, tel que revendiqués par certains, ce qui prendrait beaucoup de temps ».

Appui au Panel et à la Justice
Le chef d’état-major de l’ANP a apporté, par la même occasion, son appui aussi bien au panel de médiation et de dialogue de Karim Younès, qui subit des critiques multiples, qu’à l’appareil de Justice. « Je salue, encore une fois, les efforts fournis par l’Instance nationale de la médiation et du dialogue et je valorise les résultats encourageants qu’elle a obtenus en si peu de temps, sur la voie du dialogue sérieux, constructif et objectif », a-t-il dit au sujet de l’instance installée le 25 juillet par le chef de l’Etat.
« A propos de l’Etat de droit, nous saluons de nouveau les hommes loyaux de la justice, auxquels nous renouvelons notre engagement à les accompagner et à les soutenir, et nous saluons leur courage et leur détermination à s’acquitter de leurs nobles missions, conformément à la loi, en ouvrant tous les dossiers, sans exception, avec la ferme volonté de combattre la corruption et de l’éradiquer définitivement de cette terre pure », a souligné Gaïd Salah. Il a appuyé également le gouvernement Bedoui, tout en désignant du doigt, une nouvelle fois, la bande. « Dans le même contexte, et afin de mettre en échec le pari de la bande et ses acolytes pour perturber la prochaine rentrée scolaire, en semant le doute et la confusion chez les écoliers et leurs parents, les efforts du gouvernement se poursuivent pour réunir les conditions adéquates pour faire de cette rentrée scolaire une réussie », a indiqué Gaïd Salah. Il a affirmé, dans ce sens, que « le gouvernement a pris toutes les mesures et réuni tous les moyens matériels et humains pour garantir une rentrée scolaire dans les meilleures conditions, notamment en rehaussant sensiblement la prime scolaire, une mesure à même de renforcer le rôle de l’Etat et son souci de réduire les charges des écoliers et de leurs parents».

Tirs contre la «bande»…
« Je sais pertinemment que vous êtes pleinement conscients que l’Algérie, et au regard de plusieurs considérations, a été et restera visée par ses ennemis, qui ne veulent pas de sa prospérité économique, sociale, scientifique et technologique, ni qu’elle soit forte et protégée », a-t-il ajouté. Cette cohésion, a estimé le vice-ministre de la Défense, « qui a dérangé la bande qui n’a pas hésité à conspirer secrètement et en public pour défaire et couper ses liens, en s’appuyant sur ses acolytes disséminés dans les structures des différentes institutions, lesquels ont eu pour mission d’entraver l’action du gouvernement et des institutions de l’Etat ».
Selon lui, cette « bande » œuvre à « créer une situation d’impasse et d’effervescence dans le front sociétal, dans l’espoir de faire aboutir ses visées et objectifs malveillants d’obstruer le processus de dialogue national et de pérenniser la crise, au moyen de propagande et d’idées sournoises qu’elles diffusent en permanence sur la scène politique et médiatique, sous prétexte de la liberté d’expression garantie par la Constitution, mais elle a omis, de manière volontaire, que cette liberté ne doit en aucun cas outrepasser ses limites et l’éthique d’usage… »
Il ajoutera que « l’une des idées que la bande s’est attelée à répandre, et qui sont reprises par des pseudo-analystes, que ce soit intentionnellement ou par naïveté, la question de l’appel lancé par certains partis politiques pour dialoguer, voire négocier directement avec l’institution militaire, en s’inspirant des expériences de certains pays de la région dans la gestion des crises ». Ces parties « ont omis sciemment que l’Algérie, avec son illustre histoire, son vaillant peuple et ses positions leaders et immuables, est l’exemple à suivre et non pas le contraire. C’est une autre tentative vaine qui vise à enliser l’Armée dans le bourbier de la politique, en dépit du fait qu’ils sont pleinement conscients de notre position constante à ce sujet, à propos duquel nous avons affirmé plus d’une fois que l’ANP est attachée à une résolution de la crise dans un cadre constitutionnel », a-t-il indiqué. Pour Gaïd Salah, « l’acharnement sur l’institution militaire fait partie d’un plan abject, dont l’objectif est de bloquer et neutraliser le rôle de l’Armée, qui a donné un exemple à tous, en termes de dévouement, de loyauté et de protection de la patrie, et a prouvé sa capacité à consacrer le lien solide entre le peuple et son Armée ».
Abordant la question des libertés, il dira que l’ANP « n’est pas contre la liberté d’expression et la divergence des opinions constructives, mais contre la politique d’exclusion et de marginalisation », promettant qu’elle fera face « avec rigueur à ces manœuvres qui visent à faire perdurer la crise, à obstruer le processus de développement de la patrie… ». « Nous sommes en possession d’informations sûres, que nous dévoilerons au moment opportun, sur la conspiration de certains partis contre la patrie et le peuple », a-t-il accusé. Et de relever que « ces partis rejetés par le peuple n’ont d’autre souci que la critique et le dénigrement… »