Le parti du président gabonais Ali Bongo Ondimba a, sans surprise, remporté une majorité écrasante aux élections sénatoriales, raflant 46 des 52 sièges, a indiqué mercredi l’organe officiel chargé du scrutin. Après le premier tour, qui s’est tenu le 30 janvier, le Parti démocratique gabonais (PDG) du chef de l’Etat avait déjà remporté 45 des 52 sièges. Un second tour a eu lieu samedi dans seulement deux circonscriptions. Six sénateurs de l’opposition ou indépendants ont été élus, selon un décompte du Centre gabonais des élections (CGE). Par ailleurs, le chef de l’Etat doit nommer par décret 15 membres du futur Sénat, qui comptera au total 67 parlementaires. Outre les 15 «personnalités» choisies par M. Bongo pour avoir «honoré le service de l’Etat», les 52 autres sénateurs sont élus pour six ans au scrutin indirect uninominal par les membres des conseils municipaux et départementaux, eux-mêmes largement dominés par le PDG. Ce scrutin était sans suspense: le PDG était le seul en lice dans 22 des 52 circonscriptions. Le Sénat vote les lois, comme l’Assemblée nationale, elle-même également largement dominée par le PDG, mais la chambre basse a le dernier mot en cas de désaccord. La seule inconnue à ce jour réside dans la personnalité qui accèdera à la présidence du Sénat. Un rôle qui a cependant perdu de son aura et de son importance depuis une révision constitutionnelle du 29 décembre dernier: cette personnalité devait jusqu’alors assurer l’intérim du chef de l’Etat en cas de vacance du pouvoir ou d’empêchement, mais la charge revient désormais à un triumvirat composé des présidents des deux chambres du Parlement et du ministre de la Défense. Ces trois responsables remplaceront le président jusqu’à une nouvelle élection en cas de vacance ou, nouveauté dans la Constitution, «en cas d’indisponibilité temporaire» du dirigeant gabonais. Selon Libreville, cette dernière disposition vise à combler le vide juridique constaté durant la longue convalescence de M. Bongo après un accident vasculaire cérébral en octobre 2018, qui l’a tenu de longs mois éloigné du pouvoir mais aussi du pays. Ali Bongo Ondimba, 61 ans, avait été élu en 2009 après le décès de son père Omar Bongo, qui avait dirigé ce petit pays pétrolier d’Afrique centrale sans partage pendant près de 42 ans. Il a été réélu en 2016 mais au terme d’un scrutin serré et dont les résultats ont été extrêmement contestés par l’opposition.