Selon le porte-parole du gouvernement tchadien, N’djamena a décidé de diviser par deux ses effectifs militaires déployés en février dernier dans le cadre de la force antidjihadiste du G5 Sahel dans la «zone des trois frontières», aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Par Anis Remane
«On a redéployé au Tchad 600 hommes en accord avec les forces du G5 Sahel. Il s’agit d’un redéploiement stratégique pour s’adapter au mieux à l’organisation des terroristes», a expliqué à l’AFP, Abderaman Koulamallah. Un contingent de 1 200 soldats tchadiens avait été déployé dans cette zone pour lutter contre les groupes djihadistes. «Il nous reste environ 600 soldats sur le terrain. C’est une décision concertée de longue date avec le commandement du G5. On a voulu alléger le dispositif qui n’était pas adapté», a assuré M. Koulamallah. «Par rapport à la situation sur le terrain, il faut avoir une force mobile d’où le retrait de certaines de nos forces avec les armes lourdes», a-t-il ajouté. «Notre volonté politique de faire face aux djihadistes reste intacte», a poursuivi le porte-parole du gouvernement.
La zone des «trois frontières» est, avec le centre du Mali, la plus touchée par les attaques djihadistes. Les morts, civils comme militaires, s’y comptent par milliers. La dernière attaque, samedi, contre un village de cette zone au Niger, a fait une dizaine de morts parmi des civils. Lundi, une autre attaque a fait 37 morts. Dans un communiqué du 20 août, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé sa préoccupation face à «la recrudescence, la fréquence et la gravité» des actes terroristes commis ces dernières semaines dans des pays sahélo-sahariens. «La recrudescence, la fréquence et la gravité des actes terroristes que des pays sahélo-sahariens frères enregistrent, ces dernières semaines et ces derniers jours, inspirent à l’Algérie une vive préoccupation», indique ce communiqué. «Ces actes terroristes qui sont dirigés contre des populations civiles prennent les caractéristiques avérées de crimes contre l’humanité et constituent des menaces alarmantes contre la sécurité collective du continent africain et contre la paix et la sécurité internationales», est-il ajouté de même source.

L’Algérie «préoccupée»
«L’Algérie condamne vigoureusement les attaques terroristes qui ont de nouveau endeuillé les peuples frères du Burkina Faso et du Mali, après celles qui ont visé le peuple nigérien frère», poursuit-il. «L’Algérie qui accueille les structures de promotion de la sécurité panafricaine, que sont le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (Caert) et le Mécanisme africain de coopération policière (Afripol), appelle, dans le cadre de son mandat de Coordonnateur de l’Union Africaine pour la lutte contre le terrorisme, à une mobilisation accrue pour opérationnaliser davantage et renforcer la riposte continentale à ce fléau», assure le ministère des Affaires étrangères. «Dans cet esprit, l’Union Africaine doit pouvoir stimuler rapidement un vaste effort de coopération et d’entraide pour préserver la vie et la dignité humaines à travers toute l’Afrique», conclut-il dans son communiqué.
Mardi 17 août 2021, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est déclaré préoccupé par la détérioration des conditions de sécurité dans certains pays de la région d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, par la montée du terrorisme au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Selon les membres du Conseil, il importe de s’attaquer aux conditions sous-jacentes qui favorisent la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme en Afrique, notamment en veillant à la reconstruction et au relèvement nationaux, en renforçant la bonne gouvernance et en facilitant le développement socioéconomique en Afrique.
A travers la même déclaration, le Conseil de sécurité salue les efforts déployés par les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ainsi que par l’Union africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour prévenir et régler les problèmes de sécurité, qui sont exacerbés par le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, notamment les flux d’armes illicites, dans la région. n