Avant-hier vendredi, le Conseil de sécurité de l’Onu a voté, à l’unanimité de ses membres, la décision d’autoriser sa mission pour la stabilisation du Mali (Minusma) pour soutenir la force du G5-Sahel, mise en place pour contrer la menace terroriste dans la région.

La résolution, présentée par la France, prévoit un soutien technique à la G5-Sahel, mise en place par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Il s’agit en particulier des évacuations sanitaires et l’utilisation d’unités de génie de la Minusma pour «aider à préparer les bases opérationnelles de la Force conjointe». L’apport de l’Onu, sans coût pour ses opérations, n’est autorisée que lorsque les forces de la G5-Sahel «interviennent sur le territoire malien», précise le texte de la résolution. Cette restriction traduit la difficulté des négociations ayant abouti à la résolution que de nombreux observateurs considèrent comme « à minima » et un soutien plutôt mitigé de la force africaine inspirée par la France. C’est en tout cas la vision que l’on a à Alger de ce déploiement militaire destiné à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne et face auquel l’Algérie aurait préféré une implication sans tutelle étrangère des Etats et gouvernements concernés directement par la menace sans le parapluie français à la consistance
financière au demeurant discutable comme c’est le cas également pour la contribution des pays de l’UE. Lors du dernier Sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE), le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait indiqué à ce sujet que l’Algérie a contribué à hauteur de 100 millions de dollars durant une période de «sept à huit ans» au soutien des Etats voisins du Sahel pour la constitution de bases militaires et la formation de leurs forces spéciales.
En face, avait-il ajouté, les pays des vingt-huit n’ont, dans leur ensemble, promis que  50 millions de dollars pour ces opérations alors que la France s’est engagée pour 8 millions d’euros (surtout en matériels et équipements logistiques).
Les Etats-Unis ont promis aux cinq pays membres de la force une aide bilatérale de 60 millions de dollars tandis qu’on parle d’un engagement saoudien de 100 millions. Qu’y a –t-il de nouveau depuis ? Avant la résolution votée vendredi dernier par le Conseil de sécurité, les Etats-Unis étaient opposés à toute implication des Casques bleus dans le G5 Sahel. Aux yeux de Paris, c’est une évolution positive de la position américaine sur ce dossier. Selon son représentant aux Nations unies, François  Delattre, « le dialogue a été franc, constructif et productif » tout au long de la négociation avec l’ambassadrice américaine. Mme Nikki Haley a de son côté évoqué « la créativité » du texte, en soulignant que les Etats-Unis étaient attachés à soutenir les pays africains dans leur combat contre le terrorisme.
Selon la résolution rédigée par la France, les Casques bleus pourront aussi mettre à la disposition de la force G5-Sahel -qui vient de débuter ses premières opérations sur le terrain- leurs unités d’ingénierie lors de l’établissement de camps de base des unités antijihadistes. Dans les faits, on est encore loin des objectifs à ce jour, le financement de la force n’est pas réellement assuré. Il est estimé à 250 millions d’euros pour ses débuts et à « 400 millions à plein exercice » au printemps 2018, selon Paris qui accueillera le 13 décembre son une réunion internationale pour accélérer déploiement.