Mercredi 16 novembre, lors d’une conférence de presse, le président français Emmanuel Macron a assuré à Bali que Paris «soutient l’intégration pleine et entière de l’Union africaine au G20». Il a estimé qu’il s’agissait d’un «élément clé» de la recomposition des «règles de gouvernance des institutions internationales». «Si nous voulons pleinement prendre en compte une solidarité à l’égard du Sud, nous devons accepter que l’Union africaine, comme l’Union européenne, soit autour de la table», a-t-il déclaré.
Actuellement, l’Afrique du Sud est le seul pays africain à faire partie du G20. Le président sud-africain a appelé pour que l’Union africaine obtienne un siège permanent. Une revendication menée aussi par Macky Sall qui lors, de sa présence au sommet de pays les plus riches à Bali, a fait entendre la voix du continent et sa revendication d’une refonte de la gouvernance mondiale et une plus grande représentation de l’Afrique dans les instances internationales
En septembre dernier, lors de son discours devant la 77e Assemblée générale de l’Onu, à New York, Macky Sall avait plaidé pour qu’un siège soit réservé à l’Afrique au sein du G20 afin, avait-il dit, que «l’Afrique puisse se faire représenter là où se prennent les décisions qui engagent 1,4 milliard d’Africains». Pour, Macky Sall, le multilatéralisme devrait «servir les intérêts de tous», sous peine de s’exposer à une «perte de légitimité et d’autorité».
Lors de son intervention en conférence de presse, outre son soutien à l’adhésion de l’Union panafricaine au G20, le président français a également annoncé la tenue «en juin prochain à Paris» d’une «conférence internationale sur un nouveau pacte financier avec le Sud», avec le souhait de «créer les conditions d’un véritable choc de financement vers le Sud» car «nous ne pouvons pas» demander à ces «pays de soutenir le multilatéralisme», si celui-ci n’est pas en capacité de «répondre à leurs urgences vitales».
Il s’agira notamment de «faire un point d’étape» sur la réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI des pays riches vers les pays les plus pauvres. La France a «pris l’engagement, avec quelques autres, de pouvoir réallouer 30% de nos droits de tirage spéciaux» aux «pays les plus fragiles», a précisé le chef de l’État en conclusion du G20 sous présidence indonésienne. Les DTS sont une sorte de monnaie créée par le FMI. Ils peuvent être accordés par le FMI directement aux pays membres qui peuvent les utiliser soit pour rembourser leurs obligations auprès du FMI, soit pour ajuster leurs réserves monétaires.
M. Macron a également expliqué que la réunion du G20 avait «permis d’avancer sur le plan de la restructuration des dettes des pays les plus fragiles, qui est un élément-clé de la solidarité». «Nous devons sortir d’un statu quo pour les pays les plus pauvres et mobiliser massivement le secteur privé, en tout cas le mobiliser bien davantage pour la révolution énergétique, agricole et industrielle», en desserrant «une partie des contraintes dans l’accès au financement». «Nous devons, dans le cadre de ce nouveau pacte financier, également intégrer la question de la vulnérabilité climatique», a déclaré le président français. Un «groupe de sages» en marge de la COP27 de Charm-el-Cheikh en Egypte a été «mandaté» pour «avancer techniquement» sur des «mécanismes financiers spécifiques», a-t-il détaillé. n