A l’occasion d’une de ses rencontres en 2011 avec le vice-président chinois Xi Jinping, Joe Biden, qui occupait alors la même fonction aux Etats-Unis, avait salué l’orientation que prenaient les relations entre Washington et Pékin. Mais depuis, la donne a changé.

Synthèse Salim Benour
«La trajectoire de nos relations n’est rien d’autre que positive», avait déclaré M. Biden aux hommes d’affaires venus assister à un rendez-vous entre les deux vice-présidents dans un hôtel de Pékin. M. Biden avait même fait part de son «grand optimisme pour les 30 prochaines années».
Plus d’une décennie est passée et au moment où les deux hommes, désormais présidents, s’apprêtent à se retrouver, les relations sont tout sauf bonnes et quasi aucun responsable politique américain ne se montre optimiste au sujet de M. Xi, le dirigeant chinois le plus puissant depuis des décennies.
Les deux chefs d’Etat s’entretiendront demain lundi en marge du sommet du G20 à Bali, à un moment où les États-Unis ne cachent pas leurs inquiétudes vis-à-vis de la Chine. Il s’agira de la première rencontre physique entre les deux présidents depuis celle en 2019 entre Donald Trump et M. Xi. Ce dernier avait jusqu’à récemment cessé tout déplacement à l’étranger en raison du Covid. Pour M. Biden comme pour son prédécesseur, la Chine est le principal concurrent des États-Unis. Mais aussi son interlocuteur pour plusieurs dossiers dont celui, chaud, de la Corée du Nord.
Le chef de la Maison Blanche a ainsi déclaré qu’il allait exhorter le dirigeant chinois Xi Jinping à maîtriser la Corée du Nord lors de leur première rencontre en tête-à-tête au sommet du G20 , demain lundi. La rencontre entre les deux superpuissances intervient après que la Corée du Nord a procédé à une série record de tirs de missiles, semblant se préparer à conduire un essai nucléaire qui constituerait le septième de son histoire. Le président américain dira à M. Xi qu’il est dans l’intérêt de Pékin de «jouer un rôle constructif pour réfréner les pires tendances de la Corée du Nord», a déclaré hier samedi à des journalistes Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président américain. M. Sullivan, qui s’exprimait à bord de l’avion Air Force One en route vers le Cambodge, a précisé que M. Biden n’allait pas faire de demande à la Chine mais plutôt donner «son point de vue» à M. Xi.
Ce point de vue est que «la Corée du Nord représente une menace non seulement pour les Etats-Unis, non seulement pour (la Corée du Sud) et le Japon, mais aussi pour la paix et la stabilité dans toute la région».
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a ajouté sa voix aux appels àune action internationale concertée pour mettre un terme au programme de missiles de Pyongyang, lors d’un mini sommet avec la Chine, la Corée du Sud et l’Asean à Phnom Penh.
Tokyo et Séoul sont fortement préoccupés par la récente rafale de lancements dont celui d’un missile balistique intercontinental. n