La disparition de Abdelaziz Bouteflika ne vient pas rappeler uniquement ses vingt ans de règne absolu ni les travers d’un système qui perdure depuis 1962, sans pouvoir se renouveler,
mais vient juxtaposer le passé avec le présent. Il ne faut même pas faire un zoom sur l’actualité pour y voir plus clair.
A lire tout ce qui a été écrit à propos du PAG (Plan d’action du gouvernement) présenté devant l’APN et les problèmes relayés en relation avec la situation économique du pays, il y a une criante impression de déjà-vu. C’est comme si le temps s’était arrêté sur l’un des vingt ans de pouvoir bouteflikien. Un retour vers
le passé sans le septième art pour support.
Il est bien question maintenant de relancer des entreprises publiques. C’était un sujet d’actualité, il y a plusieurs années déjà. Il est bien question, actuellement, d’investissement dans les hydrocarbures ! C’était le cas à l’époque de Chakib Khelil et aussi de Abdelmoumen Ould Kaddour. Il est bien question, maintenant, de pénurie d’eau ! C’était, également, le cas au début du premier mandat de Bouteflika, avant que la situation ne s’améliore grâce à la manne pétrolière. Il est bien question de dépendance aux hydrocarbures ! C’était également le cas du temps de Bouteflika et bien avant.
Il y a eu bien des projets annoncés, des programmes établis, par les nombreux gouvernements qui se sont succédé mais, au bout, les réalisations étaient bien rares. Le régime bouteflikien n’existe plus, reste à connaître les changements, ou tout au moins les sentir. Avec la perte de confiance (plus que justifiée) des citoyens envers tout ce qui touche aux autorités, comment sera-t-il possible de redynamiser le pays sans faire participer toutes les forces existantes ? La question s’impose d’elle-même en analysant ce qui est en train de se faire. La réponse n’est, sans aucun doute, pas au niveau de l’APN. Elle l’est encore moins au niveau du Conseil de la Nation, dont la majeure partie de sa composante va être débarquée lors des élections du 27 novembre prochain.
La redynamisation de l’Algérie ne peut effectivement être concrète que par de nouveaux paradigmes. Ces derniers ne peuvent pas être assimilés par, encore, des annonces de projets et des slogans souvent creux. Le copier-coller, voulu ou pas, ne peut plus durer.