L’asphyxie a causé la mort de près d’une vingtaine de personnes depuis le début de l’année. C’est ce qu’ont indiqué les services de la communication de la direction générale de la Protection civile.

Il ne se passe pas un jour sans qu’au moins une personne ne soit victime de ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie. En effet, 19 personnes ont trouvé la mort, asphyxiées par le monoxyde de carbone (CO) depuis le début de l’année, selon la Protection Civile. Les mêmes services ont eu aussi à secourir
66 personnes incommodées par les émanations de gaz.
La majorité des villes touchées par ce phénomène sont généralement des villes de l’intérieur du pays, comme Constantine (3 décès), Batna (5 décès), Tiaret, Bouira avec un décès, Tlemcen (4 décès), Tessemsilt (2 décès) et Alger, avec 2 décès. Dimanche dernier a été une journée noire. Pas moins de onze personnes sont mortes par asphyxie en 24 heures, suite à l’inhalation d’émanations de monoxyde de carbone se dégageant d’appareils de chauffage, à Batna, Tlemcen et Alger. Le bilan le plus lourd a été enregistré dans la wilaya de Batna, où cinq membres d’une même famille sont décédés suite aux émanations de gaz brûlé d’un chauffage défectueux. Le père (32 ans), la mère (26 ans) et leurs trois enfants, âgés de deux à cinq ans, a précisé le lieutenant Hacène Yahia Cherif. Dans la wilaya de Tlemcen, quatre membres d’une même famille, âgés entre 36 et 71 ans, ont trouvé la mort de la même façon, dimanche dernier, à Ghazaouet. Un drame similaire a également eu lieu à Baranès (Bouzaréah), dans la wilaya d’Alger, où deux personnes, à savoir un homme (81 ans) et sa femme (60 ans), sont décédées asphyxiées par les émanations de gaz provenant de l’appareil de chauffage.
La première cause de ces cas d’asphyxie incombe essentiellement à des fuites de gaz à partir d’appareils ménagers, tels que les chauffages ou chauffe-eau, qui n’arrivent pas à être évacuées. Beaucoup de ménages installent les appareils de chauffage domestiques dans des endroits dépourvus de bouches d’aération. Des centaines de personnes meurent chaque année après avoir inhalé du monoxyde de carbone provenant d’appareils de chauffage défectueux, commercialisés sur le marché et qui ne répondent pas aux normes de sécurité pour la plupart. Pour l’année 2018, 128 personnes ont trouvé la mort, asphyxiées par le monoxyde de carbone et 2 641 personnes ont été secourues. Mais il n’en demeure pas moins que des vies auraient pu être sauvées si les ménages connaissaient les premiers gestes d’urgence. Les familles sont en manque flagrant de culture des risques. «Les familles algériennes ne sont pas suffisamment informées, elles perçoivent les mesures de sécurité comme des contraintes», déplore le lieutenant Zohir Benamzal, chargé de la communication au niveau de la direction de la Protection civile. Par ailleurs, la Direction générale de la Protection civile a rappelé, hier, dans un communiqué, aux citoyens, les consignes de sécurité, afin de préserver leur vie. «L’entretien et le règlement des appareils par un professionnel est impératif», selon la PC, qui souligne aussi la nécessité d’aérer le logement lors de l’utilisation des appareils de chauffage. «Aérez au moins
10 minutes par jour et n’obstruez jamais les entrées et les sorties d’air de votre logement», a recommandé la DGPC. L’institution que gère le colonel Boughalef Boulem a intensifié les actions de sensibilisation et de prévention contre le monoxyde de carbone, ciblant essentiellement les nouvelles cités, les communes qui viennent de bénéficier du gaz de ville ainsi que les villages éloignés.