Dévoilée en 2001, et dont l’absence d’enquêtes depuis, en vue de récupérer 500 millions de dollars transférés à l’étranger par les institutions habilitées comme la Banque d’Algérie, la cellule de renseignement contre le blanchiment d’argent et les structures de lutte contre la corruption, l’affaire BDL atteste de la neutralisation de structures chargées des investigations pendant toute la période précitée. Le préjudice au Trésor est estimé dans cette seule affaire à 2 milliards de dollars au titre des amendes, de quoi créer un minimum de 50 000 emplois. Voilà pourquoi les caisses de l’Etat manquent aujourd’hui de ressources financières suffisantes pour les dépenses jugées prioritaires.
Qu’on se rappelle, des importateurs en fuite à l’étranger ont procédé à des importations fictives de marchandises. La BDL a transféré au titre de ces marchandises, jamais parvenues en Algérie, des centaines de millions de dollars. Le pot-au-rose découvert par les services de contrôle de l’Etat a conduit à l’arrestation de personnes âgées, de prête-noms mais pas des organisateurs de ce mouvement illégal de capitaux. L’affaire a été classée sans pourtant que cette masse de devises ne soit récupérée. En fin de course, en dépit de l’ampleur ce transfert de devises illégal, les structures de contrôle concernées n’ont nullement cherché à recouvrer cet argent. Les documents obtenus lors des premières enquêtes ont montré pourtant que « ces devises ont été versées dans des comptes notamment au Liban, en Turquie et aux Emirats arabes unies », confie un ancien responsable d’une structure de contrôle.K.R.