Moins de sept jours nous séparent du début du mois de Ramadan et voilà que la mercuriale sur les légumes frais s’envole. Pour en savoir un peu plus sur la hausse subite de la mercuriale à quelques jours du mois de Ramadan, Reporters s’est rapproché du président de l’Association nationale des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes (ANMMGFG) Amar Gharbi et également président de l’Association des mandataires du marché des Eucalyptus, principal pourvoyeur des détaillants du Grand-Alger. Pour ce dernier, c’est surtout la tomate qui a connu une envolée et, à un degré moindre, le piment dans ces deux variantes. «Aujourd’hui (mercredi matin), la tomate était affichée sur les carrés des mandataires de notre marché de gros entre 90 et 100 DA le kilogramme alors que 10 jours auparavant nous la cédions entre 45 et 55 DA, ce qui veut dire qu’elle a doublé». Mais pourquoi un tel bond en si peu de jours ? Selon M. Gharbi «c’était prévisible pour la simple raison que toute la production de Oued Souf et de Biskra, qui fournissait les marchés de gros, a été écoulée. En clair, l’offre ces jours-ci sur ce fruit est devenue des plus insignifiantes explique sa cherté actuelle sur les étals». Il a en outre avancé que «le prix de la tomate va encore augmenter car les prochaines cueillettes des périmètres maraîchers du nord du pays n’interviendront pas avant la première quinzaine du mois. Et d’ici-là, il faudra s’attendre à une envolée vertigineuse des prix sur la tomate fraîche avec des pics atteignant les 200 DA, voire plus. C’est un légume très prisé par les ménages tout au long du mois de Ramadan».
A propos du piment doux, les prix ont également grimpé ces derniers jours à hauteur «de 120 à 130 DA le kilogramme en gros», précise notre interlocuteur. Et d’expliquer dans ce sens : «Nous sommes pratiquement dans le même cas de figure de la tomate, car le piment que nous recevions jusqu’ici est produit sous serre, généralement, de la région de Biskra. Maintenant que toute la production a été écoulée, l’offre sur le marché va sensiblement diminuer en attendant la prochaine récolte pas avant le mois de mai. Par voie de conséquence, le piment ne sera pas accessible aux familles à bas revenus.
Concernant la fève et le petit-pois, notre locuteur reste convaincu que les prix vont chuter «compte tenu que nous sommes en pleine période de cueillette d’où l’offre sera importante», explique ce dernier. Quant à la pomme de terre qui a connu tout le long du mois de mars dernier une sensible hausse, atteignant la barre des 100 DA le kg par endroit, par l’effet de l’écoulement des stocks de la dernière campagne, une décrue a été constatée sur les étals. «En raison de l’arrivée de la production de la période de soudure, ce qui a permis une revue à la baisse du tubercule cédée aujourd’hui entre 35 et 45 DA le kg en gros», nous souligne Amar Gharbi. A propos de la courgette, un légume également très prisé pendant le mois de Ramadhan, le président de l’ANMGFG dira par expérience qu’«après la frénésie de la demande des premiers jours entraînant une surenchère sur ce légume, affiché ces jours-ci à 80 DA/kg en gros, s’ensuivra une baisse des prix avec l’arrivée sur le marché en gros de grandes quantités de courgettes issues de la cueillette d’avril». Pour la carotte, le radis et la betterave rouge, «leur prix ne vont pas subir de hausse», estime notre interlocuteur. Au sujet des fruits, ce dernier indique que «mis à part la banane, dont le prix en gros stagne autour des 200, 220 DA le kg en gros, celui de la pomme est en nette augmentation ces derniers jours». «Mais pour ce qui concerne l’orange, nos carrés en sont démunis pour la simple raison que la saison est terminée, seuls sont proposés à la vente les volumes issus des chambres froides», a-t-il conclu.
De son côté, Adèle Amine, membre de l’association des mandataires du marché gros des Eucalyptus, approché également, il rejoint les explications données par son président sur la tendance actuelle de la mercuriale en cette veille du mois de Ramadhan. «Certes, des surenchères seront constatées les premiers jours, mais elles seront suivies par une tendance à une baisse sensible sur les légumes de saison contrairement à ceux hors-saison qui seront inabordables pour beaucoup de consommateurs en raison d’une offre très en deçà de la demande», confie enfin ce dernier.
Soulignons que selon Hadj Tahar Boulenouar, président de l’ANCA, contacté par nos soins, «le marché des fruits et légumes sera largement suffisant du fait qu’il sera approvisionné par une quantité totale de 500 000 tonnes afin de répondre aux besoins grandissants des ménages à l’occasion du mois de Ramadan». Reste à savoir si les prix seront abordables. Nous le saurons dans quelques jours. n