Par Selma Allane
Les prix de la pomme de terre de primeur et cédée au détail connaissent actuellement une hausse. Le tubercule est cédé entre 80 et 85 dinars le kilo dans de nombreux marchés et fruits et légumes à Alger. Le produit de moindre qualité est laissé à l’acheteur à 60 et 65 dinars, a-t-on constaté sur le terrain. La raison de cette flambée est à chercher dans les tarifs pratiqués par les opérateurs des sites de gros comme ceux des Eucalyptus, Hatatba et Bougara qui oscillent entre 60 et 67 dinars.
Ces mêmes opérateurs affirment que le renchérissement des prix est dû à ceux pratiqués par les producteurs à El Oued et Relizane, les deux régions principales qui approvisionnement actuellement les étals. Pour le président de l’Association nationale des commerçants et artisants (ANCA), qui s’est exprimé pour Reporters, le phénomène est dû à l’éloignement des zones productrices de celles de consommation comme Alger et sa périphérie. Hadj Tahar Boulenouar déplore également un «problème de facturation». Il estime que la moyenne des prix pratiqués actuellement est meilleure que celle observée au début du mois de mars.
Pour sa part, le directeur de l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV) considère que la flambée est passagère et qu’elle cessera avant l’arrivée du mois de ramadan. Mohamed Kharroubi explique que la poursuite des opérations de déstockage ainsi que les nouvelles récoltes qui proviendront de plusieurs wilayas, dont Mostaganem et Skikda, auront un impact «important» sur la baisse des prix, selon une déclaration à l’APS.
Selon ce responsable, la pomme de terre sera cédée à des prix «raisonnables» durant le mois de jeûne d’autant que la cherté des prix est due aujourd’hui à l’intersaison, période de flottement en ce qui concerne la production et l’approvisionnement. Il ajoute que ce produit n’étant pas très prisé durant ramadan, ses prix finiront par reculer. Ce sera certainement le cas pour la pomme de terre stockée, nous dira un marchand indiquant que ce produit est souvent boudé par le client en dépit de son prix accessible. La pomme de terre des chambres froides, également de bonne qualité, a dit M. Kharroubi, est, quant à elle, vendue sur les marchés de gros des différentes wilayas du pays entre 35 et 42 dinars le kilogramme et cédée au client final entre 40 et 50 dinars le kg, une fourchette qu’on n’a pas observé sur les marchés algérois. Selon le directeur de l’ONILEV, tant que les prix restent sous la barre des 60 DA le kilo, «c’est tout à fait normal en intersaison, période toujours marquée par une hausse sensible des prix». Il a affirmé que son Office a injecté, jusqu’à présent, plus de 4000 tonnes dans les marchés nationaux, contribuant ainsi à freiner la hausse des prix. n