Par Yazid Miloudi
Tous les pays avec lesquels l’Algérie a des frontières sont, depuis longtemps, des dossiers chauds. Une réalité que personne ne peut nier. Une situation qui ne pouvait pas laisser l’Algérie dans une position de spectatrice. D’où l’importance des dernières initiatives de l’Algérie et cela sur plusieurs fronts. Que ce soit la Libye, le Mali, la Tunisie, ou le Sahara occidental, les positions d’Alger sont de plus en plus claires et tranchées.
La dernière sortie officielle à propos du Sahara occidental donne une idée sur la nouvelle approche d’Alger. Ainsi, et en prévision de la résolution en gestation (programmée pour la fin de ce mois d’octobre) du Conseil de sécurité de l’ONU, à propos du conflit entre le Maroc et le Polisario, l’Algérie s’est d’ores et déjà placée. C’est un refus net pour la reconduction du format des « tables rondes », concernant les négociations entre les parties belligérantes et les observateurs.
La mission diplomatique algérienne à New York a été claire «l’Algérie n’a jamais considéré ces ‘tables rondes’ comme le format ultime pour la conduite du processus politique au Sahara occidental, mais plutôt comme une étape de transition vers des négociations entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario ». Elle n’omet pas de préciser que la réponse est un rejet ferme de « toute référence à tout engagement en son nom de participer à de telles tables rondes ».
Cette position n’est pas nouvelle, mais elle vient dans des conditions bien spéciales par rapport aux années précédentes. La rupture des relations avec le Maroc et les coups bas incessants de Rabat (que ce soit sur le plan intérieur et extérieur) font que les réactions, et les actions, algériennes ont pris une nouvelle tournure. L’implication est sans équivoque.
D’ailleurs le dossier sahraoui n’est pas le seul dans lequel la diplomatie algérienne se retrouve engagée. Il y a également le Mali, dont le gouvernement actuel subit des pressions énormes dans ses démarches de renouvellement de ses institutions. Sans oublier la situation aux frontières Est, en Libye et en Tunisie. Cet hiver sera bien chaud, au moins diplomatiquement.